21 mars 2013
Ras-le-bol?
Par: Pierre Bornais
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La Commission Charbonneau demande une prolongation de 18 mois de son mandat. Québec n’aura sans doute pas le choix d’y répondre favorablement; mais en y ajoutant l’obligation de produire un rapport intérimaire à plus court terme.

Bien sûr, chaque jour de plus d’un exercice du genre coûte cher et la question n’est pas superflue alors que les finances publiques ne sont pas florissantes. Mais il y a plus. Depuis des mois maintenant, les travaux de la Commission présentent un défilé de crapules, d’amnésiques ou d’individus douteux plus ou moins repentants. Le constat général est d’une tristesse à vomir. Petites et grandes magouilles étaient (devrait-on dire « sont »?) une pratique courante et jusqu’à maintenant, il semble bien que l’on n’ait qu’effleuré la surface de ce banditisme institutionnalisé. On veut, dit-on, démonter les rouages d’un système bien implanté. La question est de savoir, dans le contexte actuel, jusqu’où il faudra aller pour arriver à en faire une démonstration satisfaisante. Combien d’insanités béates faudra-t-il encore subir, en sachant très bien qu’en plus de payer pour faire la lumière, pratiquement aucun recouvrement des sommes impliquées ne sera possible à terme. Exception faite, bien sûr, des quelques zozos qui ont apporté aux commissaires les résidus de leurs méfaits; mais c’est marginal. Quelles sont les cotes d’écoute des longues séances de la Commission? Sont-ils encore nombreux ceux qui passent de longues journées à se farcir des échanges qui durent des heures alors que tout pourrait être réglé en quelques minutes? Quelle réjouissance peut émerger d’une litanie de méfaits commis par autant de dirigeants économiques et politiques? En avoir ras le bol est un sentiment justifié qui prend chaque jour de l’ampleur.

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