18 août 2011
L'appel à l'aide d'une veuve et de ses cinq enfants
Recherche logement désespérément
Par: Le Courrier
Mélanie St-Pierre et ses cinq enfants partagent depuis le début de l'été le petit 4 et demi de la grand-mère maternelle et de son conjoint.

Mélanie St-Pierre et ses cinq enfants partagent depuis le début de l'été le petit 4 et demi de la grand-mère maternelle et de son conjoint.

Il sont huit. Sans compter les deux chiens et les trois chats. Huit à habiter dans un petit 4 et demi de la rue Morin, à Saint-Hyacinthe, depuis que Johanne Archambault, qui vivait déjà avec son conjoint, a accepté d’héberger sa fille Mélanie St-Pierre et ses cinq enfants, âgés de 10 mois à 15 ans, jetés à la rue fin juin.

C’est au début de l’été, le jour de la Fête des Pères, que la vie de Mme St-Pierre et de ses enfants a été chamboulée, après que le papa de la famille eut été retrouvé sans vie, au lendemain d’une faillite personnelle.

Sans maison et sans un sou, la marmaille a tôt fait de déménager ses pénates à Saint-Hyacinthe, chez la grand-maman maternelle, le temps de se ressaisir et de trouver un logement. « J’ai toujours habité à Saint-Hyacinthe avant de suivre mon conjoint à Victoriaville, raconte Mélanie St-Pierre. Ma mère a été généreuse de nous accueillir. Maintenant, nous devons lui rendre son espace, sa tranquillité, sa vie. »Mais voilà, depuis le 25 juin, Mme St-Pierre n’a trouvé aucun propriétaire prêt à lui louer un appartement. Quand ce ne sont pas les enfants ou les animaux qui dérangent, c’est l’étude de crédit qui vient couper les ponts assez rapidement merci. Depuis le décès de son mari, Mme St-Pierre ne vit que de l’aide sociale. Elle ne reçoit pas encore sa pension de survivante ni la pension d’orphelin de ses enfants. Elle recherche un 5 et demi, au minimum, histoire d’offrir une chambre à ses filles et une à ses garçons.« Des loyers libres, il y en a plein à Saint-Hyacinthe. Et malgré tout, rien ne fonctionne pour nous. Les proprios ne veulent pas de « garderie », comme ils le disent. »Mme St-Pierre s’est tourné vers des organismes locaux qui ont offert peu ou pas de ressources pour lui venir en aide, la dirigeant systématiquement vers l’Office municipal d’habitation (OMH) et ses habitations à loyers modiques (HLM).Or, s’il s’agit de la seule véritable option pour Mme St-Pierre, les règlements de l’OMH ne permettent qu’à ceux qui ont habité sur le territoire maskoutain douze mois consécutifs au cours des deux dernières années de s’inscrire à la liste d’attente. Mme St-Pierre redoute ce délai d’un an pour sa famille, qui devra encore attendre par la suite qu’un logement se libère. « Je ne comprends pas qu’une famille « sans abri » ne puisse pas au moins s’inscrire sur la liste. J’ai habité ici presque toute ma vie. On me dit que des circonstances exceptionnelles peuvent accélérer les choses. Moi, je trouve que ma situation est assez exceptionnelle », s’énerve Mme St-Pierre.Sans domicile fixe, Mme St-Pierre n’a même pas procédé à l’inscription de ses enfants d’âge primaire à l’école. « Je ne veux pas avoir à les changer d’école après deux semaines. Je veux leur offrir quelque chose de stable, étant donné les circonstances. C’est pour la même raison que je veux garder les animaux. C’est tout ce qu’il reste d’avant… »Les deux adolescents n’ont pour leur part jamais eu aussi hâte à la rentrée, pour découvrir la polyvalente, loin de la chamaille de leur 4 et demi transformé en terrain de camping pour la cause. « On partage, on s’endure. Il y a des jours plus difficiles que d’autres », a laissé tomber Diane, l’aînée de la famille, avant de retourner dans la chambre qu’elle partage avec ses frères et soeurs.

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