5 mars 2020
Terrains en bordure de la Yamaska
Régulariser pour mieux revendre
Par: Rémi Léonard

Une partie des terrains appartenant à la Ville de Saint-Hyacinthe dont les droits doivent être régularisés pour des fins publiques, mais également pour des fins lucratives. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

L’extrémité sud de l’avenue Saint-François est aussi visée par cette demande. Éventuellement, la rue pourrait déboucher sur une promenade Gérard-Côté revampée. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe a formulé à la dernière séance du conseil, lundi, une demande au gouvernement du Québec pour régulariser ses droits de propriété sur une partie des terrains situés en bordure de la rivière Yamaska, derrière le Centre des arts Juliette-Lassonde.

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Même si la Ville en est propriétaire depuis une cinquantaine d’années, une portion de ces terrains est toujours située à l’intérieur de la ligne des hautes eaux, qui délimite théoriquement la propriété de l’État québécois, a expliqué le directeur général de la Municipalité, Louis Bilodeau, pour expliquer cette démarche. Évidemment, on comprend que la rivière ne s’aventure plus à cet endroit depuis la construction du mur de protection contre les inondations au centre-ville. Bref, la Ville ne cherche qu’à « régulariser » la situation à cet emplacement, a indiqué le DG. La demande évoque en effet la volonté de la Ville d’être propriétaire « de plein droit » sur ces terrains.

Pour la Place des spectacles et…

En terminant la lecture de la résolution, le conseiller du secteur, Jeannot Caron, a par ailleurs souligné que ce geste pourra « permettre éventuellement, un jour, de faire notre Place des spectacles » derrière le Centre des arts. Pour le conseil, ce projet constitue en effet la phase prioritaire du réaménagement plus complet de la promenade Gérard-Côté, une intervention que les élus voudraient réaliser avant la fin de leur mandat (automne 2021). Cette place pourrait nécessiter un investissement de 4 M$ selon les estimations, sur un projet de revitalisation de 33 M$ au total.

Sauf qu’on ne retrouve aucune mention de cette vocation dans la résolution. On parle plutôt d’un espace de 221 m2 situé au bout de la rue Saint-François qui sera destiné à une rue publique, comme un nouvel accès à la promenade. Dans le stationnement adjacent, un autre espace de 182 m2 doit rester à des fins de stationnement municipal public, ce qui est déjà le cas. La portion la plus vaste (837 m2) est plutôt réservée à des fins lucratives, indique la résolution, sans plus de précision. Il a fallu évoquer la vente du terrain au Groupe Sélection après la séance pour que le DG confirme qu’il s’agissait bien du but recherché.

Des préparatifs

Rappelons qu’au moment de l’annonce officielle du projet fridöm par le promoteur, en juin 2019, la Ville avait affiché le jour même son ouverture à vendre une parcelle du stationnement municipal qui longe les propriétés de l’avenue Saint-François afin de « permettre le déploiement du projet ».

On parlait alors d’une superficie totale de 2000 m2 qui serait vendue 1 M$. C’est donc en partie pour être en règle au moment de procéder à cette transaction que la Ville souhaite maintenant « régulariser » la situation en bordure de rivière. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’une transaction est imminente, a indiqué M. Bilodeau. Les démarches avec Québec pour l’octroi de droits pourraient prendre de trois à quatre mois, a-t-il indiqué, et il reste toujours des locataires qui habitent les immeubles de l’avenue Saint-François.

Dans une démarche distincte, la Ville avait par ailleurs acquis, en 2017, 20 hectares de terrain du gouvernement, toujours le long de la rivière Yamaska, au centre-ville. L’étendue couvrait essentiellement la promenade Gérard-Côté, mais aussi une portion du même stationnement municipal, cette fois comprise entre les avenues Saint-Joseph et de l’Hôtel-Dieu. Le promoteur alors connu comme Réseau Sélection visait déjà la construction d’une tour de quinze étages à cet endroit, projet abandonné avant d’être présenté sous une toute nouvelle mouture l’été dernier et déplacé à l’arrière du Centre des arts Juliette-Lassonde et sur une partie de la rue Saint-François.

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