5 avril 2012
Transcontinental
Rémi Marcoux revient où tout a commencé
Par: Jean-Luc Lorry

Aux yeux du fondateur de Transcontinental, Rémi Marcoux, Saint-Hyacinthe occupe une place privilégiée puisqu’il y a acheté sa première imprimerie en 1979. Une acquisition importante qui lui a permis de développer une entreprise qui deviendra 33 ans plus tard le premier imprimeur au Canada et le quatrième en Amérique du Nord.

En février, le réputé homme d’affaires a quitté son fauteuil de président du conseil d’administration pour le confier à sa fille Isabelle. Avec le sentiment du devoir accompli, Rémi Marcoux souhaitait saluer une dernière fois les 10 000 employés qui travaillent pour Transcontinental. Cette « tournée d’adieu » s’est arrêtée récemment à l’imprimerie Transcontinental située sur le boulevard Casavant Ouest où LE COURRIER a rencontré le dynamique entrepreneur de 71 printemps.

Le teint bronzé par quelques jours passés en Floride, Rémi Marcoux se souvient avec nostalgie de mai 1979, date à laquelle il a réalisé sa première acquisition en achetant l’Imprimerie Chartier à Saint-Hyacinthe. Cette usine appartenait à Denis Chartier, propriétaire alors du Courrier de Saint-Hyacinthe, de La Pensée de Bagot, du Clairon, du Maskoutain et de Distribution Archambault.« En 1978, j’avais absolument besoin de trouver du temps de presse et l’Imprimerie Chartier m’intéressait puisque l’on venait de faire l’acquisition de nouveaux équipements. À cette époque, il y avait 28 employés et depuis, nous avons agrandi deux ou trois fois l’usine », mentionne Rémi Marcoux.L’Imprimerie Transcontinental de Saint-Hyacinthe occupe aujourd’hui le sixième rang des entreprises privées dans la MRC Les Maskoutains et emploie 350 personnes. Elle est spécialement équipée pour imprimer des circulaires à un rythme continu.

Conquête du Canada

Deux ans après l’achat de l’Imprimerie Chartier, la direction de Transcontinental s’est lancée dans la construction d’une nouvelle usine à Toronto.

« Nous avons bâti cette imprimerie en pleine récession économique et rares étaient ceux qui croyaient à notre réussite. Pour construire cette usine, nous devions payer jusqu’à 21 % d’intérêt », se souvient Rémi Marcoux.En 1984, Transcontinental passe à la vitesse supérieure en faisant son entrée à la bourse de Montréal. « En l’espace de trois ans, j’ai acheté sept usines. Nous étions alors basés à Calgary, Vancouver, Winnipeg, Toronto, Montréal et les Maritimes. J’ai rapidement installé la marque Transcontinental à l’échelle du pays. »L’ancien dirigeant de Trancontinental a toujours cru que pour battre la concurrence, il fallait doter ses usines d’équipements dernier cri. « Quand j’ai commencé en affaires, nous imprimions à une cadence de 35 000 copies à l’heure. La dernière presse que nous venons d’installer à Toronto tire à 120 000 copies à l’heure », précise avec fierté M. Marcoux.

Avenir de la presse hebdomadaire

Depuis plusieurs mois, la presse hebdomadaire se redéfinie au Québec où la majeure partie des journaux se retrouve aujourd’hui entre les mains de Transcontinental et de Quebecor.

Cette lutte commerciale entre les deux empires du secteur des communications a provoqué dernièrement l’annulation du congrès annuel ainsi que du gala des Grands Prix des hebdos. Deux activités gérées par Hebdos Québec, une association qui supervise et représente la presse hebdomadaire dans la province.« La presse hebdomadaire est une industrie en transformation qui vit une concurrence accrue depuis l’implication de Quebecor. La bataille actuelle entre nos deux entreprises provoque des dommages collatéraux », commente Rémi Marcoux.« Nous sommes dans une zone de turbulence. La volonté de Transcontinental est de travailler avec les éditeurs indépendants dont nous imprimons et distribuons les journaux la plupart du temps. Nous allons continuer d’investir dans la presse hebdomadaire. D’après moi, le futur de ce média n’est pas mis en cause. Il va évoluer avec les nouvelles technologies », poursuit-il.En Montérégie, Le Courrier de Saint-Hyacinthe demeure le seul hebdomadaire n’étant pas la propriété de l’un des deux groupes médiatiques.Le nouveau retraité ne s’est pas retiré complètement des affaires de la multinationale québécoise qu’il a créée de toutes pièces. L’homme demeure sur le conseil d’administration et conserve son bureau au siège social de Transcontinental à Montréal.« J’ai trois enfants que je n’ai pas beaucoup vu grandir. J’ai huit petits-enfants et je vais essayer de me reprendre un peu… », termine Rémi Marcoux.

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