11 juin 2015
Restaurant Lussier : sur le gril à cause de son bar à pain
Par: Jennifer Blanchette | Initiative de journalisme local | Le Courrier
Restaurant Lussier : sur le gril à cause de son bar à pain

Restaurant Lussier : sur le gril à cause de son bar à pain

Une mise en demeure de Restaurants Pacini, propriétaire de la marque déposée Bar à pain, ­pourrait forcer le Restaurant Lussier à retirer son enseigne extérieure.  Photo François Larivière | Le Courrier ©

Une mise en demeure de Restaurants Pacini, propriétaire de la marque déposée Bar à pain, ­pourrait forcer le Restaurant Lussier à retirer son enseigne extérieure. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le Restaurant Lussier, sur la rue Saint-Pierre Ouest, a été mis en demeure par Restaurants Pacini pour l’utilisation de sa marque déposée Bar à pain. La chaîne de restauration réclame la destruction de tout matériel ou enseigne portant le nom de la marque ainsi que la cessation de son usage.

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Benoît Lussier, propriétaire du ­Restaurant Lussier, a reçu la mise en ­demeure de Pacini, représenté par le ­cabinet d’avocats Lavery, De Billy, le 3 juin.

« C’est l’appellation bar à pain qui ne fonctionne pas. Pourtant, j’ai un bar à pain depuis 1989. Disons que c’est assez aberrant. Je ne savais même pas qu’on pouvait faire ça. Tout est entre les mains de mon avocat pour le moment », a ­exprimé M. Lussier.

D’après la missive juridique, Benoît ­Lussier a 10 jours pour rayer la marque déposée de son menu, de ses publicités, de son site web et pour retirer son ­enseigne extérieure, sans quoi des ­procédures judiciaires seraient ­entreprises.

« Notre cliente [Pacini] a récemment pris connaissance que votre entreprise affiche la marque Bar à pain à l’avant de votre restaurant. Cet usage est susceptible de créer une probabilité de confusion dans l’esprit du public consommateur », peut-on lire dans la mise en demeure.

La marque Bar à pain est enregistrée au Registre canadien des marques de ­commerce depuis 1987 et Restaurants Pacini revendique son utilisation au pays depuis au moins août 1982.

D’après la directrice du marketing et des relations publiques de Pacini, cette situation « vient d’être mise en lumière par les franchisés de Saint-Hyacinthe. Le Bar à pain, c’est ce qui a fait notre ­renommée alors c’est important pour nous de le protéger ».

Pas la première fois

Le propriétaire du restaurant Ti-Père B.B.Q., René Pelletier, a aussi reçu une mise en demeure similaire de la part de Pacini en décembre 2013.

Il a lancé son bar à pain il y a trois ans, peu de temps après avoir complètement rénové son restaurant du boulevard Laframboise.

« J’étais insulté, car je n’ai pas mis un bar à pain et à salade parce que Pacini en avait un. J’avais affiché leur mise en ­demeure au restaurant et les gens ­trouvaient que ça n’avait pas d’allure. Ça leur a fait du tort à Pacini. Ils n’auront pas plus de clients à cause de ça », a lancé M. Pelletier.

Puisque « ça ne changerait rien pour ses clients », le propriétaire a opté pour ­l’appellation gril à pain, un changement de nom qui lui a coûté entre 3 et 4 000 $.

De son côté, Benoît Lussier songe à ­emboîter le pas à René Pelletier. « Je crois que je n’aurai pas le choix, si Ti-Père n’a pas eu le choix… » a-t-il laissé tomber.

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