6 février 2020
Aide à l’implantation de commerces au centre-ville
Rester sur sa faim
Par: Martin Bourassa

Difficile de ne pas trouver pertinent le nouveau programme d’aide à l’implantation de commerces au centre-ville de Saint-Hyacinthe. Il suffit de faire une petite marche de santé sur la rue des Cascades pour constater qu’une intervention de cette nature est plus que nécessaire, tellement les locaux vides sont nombreux. L’urgence d’agir ne date pas d’hier d’ailleurs. Il était temps que la Ville de Saint-Hyacinthe accouche d’une initiative pour tenter de regarnir un peu son centre-ville.

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Surtout que d’aucuns diront qu’elle est en partie responsable de la situation, elle qui a pompé environ 40 M$ sans subvention dans la construction d’un centre de congrès et imposé des horodateurs et du stationnement tarifé étendu au centre-ville. Le problème n’est pas le centre de congrès comme tel, mais l’absence de contrepartie au centre-ville.

Bref, l’idée de lancer un programme d’aide financière pouvant atteindre 30 000 $ aux entrepreneurs qui souhaitent installer ou agrandir une place d’affaires dans la zone désignée ne peut pas nuire. Quoique, attendez un peu… C’est plus ou moins vrai dans la mesure où l’arrivée de nouveaux commerces subventionnés pourrait concurrencer des commerces déjà bien implantés qui ne profitent d’aucun coup de pouce. Voilà sans doute le grand défaut du programme d’aide présenté par la Ville et Saint-Hyacinthe Technopole, son bras économique.

On supporte les petits nouveaux et ceux qui ont des envies et des capacités de grandeur, mais que fait-on avec tous les petits commerçants déjà en place et qui peinent à joindre les deux bouts? Qu’a-t-on prévu pour ces héros du quotidien qui buchent depuis des années pour entretenir l’âme du centre-ville et assurer son dynamisme? J’ai beau relire le programme, je n’ai rien trouvé pour eux. Aucun nanane. Juste de l’indifférence, voire de l’arrogance puisque les commerçants ont tous fait les frais d’une hausse de la taxe d’affaires en début d’année. Pas de gel ou de répit pour personne, alors qu’une telle mesure aurait eu pour effet de redonner un peu d’oxygène à tout le monde. Et pas de soutien pour les restaurateurs du centre-ville qui se plaignent avec raison de voir les professionnels déserter le centre-ville – selon un relevé maison du COURRIER, au moins 225 ont quitté depuis 2017 – hormis une table de concertation qui jongle avec l’idée de faire des promotions croisées, de l’animation ou d’offrir des séances de formation. Vite de même, je ne sais pas trop quel genre de formation risque d’intéresser les propriétaires de la Piazzetta, de l’Espiègle, du Bouffon, de Roma ou des Fourchettes vagabondes pour ne nommer que ceux-là. Une formation sur l’art de retenir les chefs et les employés qui se font recruter par les restaurants près de l’autoroute?

Non, vraiment, ce programme d’aide est un peu insultant. Qu’on supporte les futurs commerçants pour les attirer, c’est bien parfait, mais cela ne devrait pas se faire au détriment des piliers d’antan et actuels du centre-ville.

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