9 juillet 2020
Retrait des plexiglas dans les bus de ville
Par: Olivier Dénommée

Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les chauffeurs des bus de ville ont récemment perdu la protection d’une paroi en plexiglas alors que les utilisateurs du service doivent passer tous près d’eux avant de trouver une place à l’arrière. Ajoutons à cela la perception qui doit reprendre à compter du 1er août. Au moins, le masque sera obligatoire pour tous à compter du 13 juillet. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Même si la peur de la COVID-19 n’est plus aussi forte qu’elle l’était au début de la crise, le risque de contracter le virus est toujours bien présent, notamment dans les endroits fermés et fréquentés par beaucoup de gens. Pourtant, les parois protectrices en plexiglas qui avaient été installées dans les bus de ville de Saint-Hyacinthe pour protéger les chauffeurs ont discrètement disparu, sans explication.

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C’est un chauffeur mécontent qui a mis la puce à l’oreille du COURRIER, décriant une décision de la compagnie Transport scolaire Sogesco, dont la filiale La Compagnie de Transport maskoutaine fournit le service de transport en commun à Saint-Hyacinthe. Pendant que d’autres services de transport en commun, notamment à Montréal et à Longueuil, installent actuellement des panneaux de protection pour diminuer les risques envers les chauffeurs qui côtoient au quotidien des centaines d’utilisateurs, on a fait exactement le contraire ici à la fin juin. Une décision qui semble loin de plaire aux chauffeurs au front.

Question de sécurité

Questionnée sur cette décision qui paraissait contre-intuitive, Line Langlois, directrice régionale chez Sogesco, affirme que malgré les bonnes intentions de son entreprise, les plexiglas installés ne répondaient pas aux normes de Transport Canada et de l’Association canadienne de normalisation.

« La SAAQ a créé un document suggérant des pratiques pour installer des cloisons dans les autobus, mais ce n’est pas elle qui approuve ça. Les transporteurs qui décident de garder les plexiglas le font à leurs propres risques, mais nous, on n’a pas attendu qu’il arrive quelque chose pour les retirer », soutient-elle.

Mme Langlois donne des exemples de problématiques liées à l’utilisation de plexiglas pour expliquer la décision de son entreprise de les retirer sans attendre. « Cela peut être plus problématique de soir avec les reflets qui peuvent nuire à la visibilité du chauffeur. Et s’il arrivait un accident grave, on ne sait pas nécessairement comment la paroi réagirait, particulièrement dans un bus de ville où il n’y a qu’une seule issue. »

La Ville de Saint-Hyacinthe n’avait pas été informée du retrait des plexiglas dans leurs bus avant que LE COURRIER lui en parle, mais elle a fait les vérifications qui s’imposaient auprès du transporteur et dit comprendre les raisons qui ont mené Sogesco à prendre une telle décision. Elle se dit aussi rassurée de savoir que le port du masque sera obligatoire à compter du 13 juillet, ce qui devrait accorder une barrière supplémentaire aux chauffeurs (qui portent déjà masque et visière de sécurité) comme aux usagers.

Notons que la Ville a décidé de reprendre la tarification normale dans les transports en commun à compter du 1er août, exigeant donc le retour à la manipulation de la monnaie à l’entrée des bus.

D’autres initiatives refusées

Après vérification, il semble que le cas des bus de ville de Saint-Hyacinthe ne soit pas le seul où l’idée d’installer un plexiglas en guise de protection n’a pas fait long feu. Il y a quelques semaines, LE COURRIER publiait un texte parlant d’un prototype de paroi de protection dans une auto-école de Formation 2000, permettant potentiellement de limiter les contacts entre l’instructeur et son élève sans enlever la possibilité d’intervenir en cas de besoin. Les auto-écoles ont depuis recommencé à circuler dans les rues de Saint-Hyacinthe, mais sans plexiglas.

« On avait proposé à la SAAQ de venir voir notre prototype, mais on sent qu’elle n’a jamais été intéressée par notre projet et on a eu la directive qu’aucun plexiglas ne sera toléré. Tant pis pour ceux qui ont essayé de faire quelque chose de plus sécuritaire », a commenté Yves Frenette, propriétaire de Formation 2000.

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