11 février 2016
Toyota Prius 2016
Revue et corrigée
Par: Marc Bouchard
Photo Marc Bouchard

Photo Marc Bouchard

(Vancouver, Colombie-Britannique) — J’ai toujours aimé conduire la Toyota Prius. Attendez, je précise ma pensée. J’ai toujours aimé conduire des voitures différentes, et si de surcroît elles ­proposent une consommation de ­carburant bien en deçà de la moyenne, c’est encore mieux.

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Voilà pourquoi j’ai aimé la Prius dès mon premier contact, malgré son allure de soucoupe volante, son teint verdâtre et sa conduite sans émotion. J’appréciais, par contre, d’aller voir mon pompiste préféré beaucoup moins souvent qu’avec une ­voiture traditionnelle.

Imaginez si, en plus, on inculquait à la voiture hybride la plus populaire au monde quelques sensations de conduite. Si son look devenait, sans être ­conventionnel, au moins plus passe-­partout. Si, en conduisant une Prius, nous ne devions plus faire de compromis pour atteindre l’économie de carburant annoncée?

Je rêve vous croyez? Pas tant que cela, à la lumière des résultats obtenus lors de mon essai de la toute nouvelle Toyota Prius 2016, revue et améliorée.

Nouvelle en entier

C’est donc une toute nouvelle Toyota Prius qui fait son apparition sur les routes nord-américaines pour 2016. Une voiture totalement renouvelée, dont on a ­conservé moins de 20 % des anciennes composantes, et qui n’a plus rien de ­commun en matière de style ou de conduite.

Il faut savoir que la nouvelle Toyota Prius est la première voiture Toyota à ­profiter de la nouvelle plate-forme de la compagnie (la Toyota Global New ­Architecture ou TGNA), une ­structure qui servira de base à plusieurs autres ­véhicules au cours des prochaines années. L’avantage, c’est une voiture mieux équilibrée et dont la rigidité est améliorée considérablement.

Mieux encore, la nouvelle structure, doublée de la diminution en taille des moteurs à essence et électrique, permet de loger la motorisation plus bas dans le châssis, favorisant un centre de gravité moins élevé. La simple logique permet alors de constater que la voiture tangue moins, maitrisant mieux les transferts de poids en raison de ce centre de gravité abaissé.

Ajoutez à cela des suspensions ­multibras améliorées, une direction ­rendue plus précise et vous avez en main une voiture au dynamisme nettement meilleur que pour les précédentes ­générations. Un simple petit slalom ­comparatif avec une Prius d’ancienne ­génération a d’ailleurs permis de faire ressortir les différences notables en conduite.

Nouveau style

Ce qui rend la nouvelle Prius, disons un peu contestable, c’est son design. Je ­l’admets, au premier regard, elle ­détonne. Les blocs optiques avant ­sculptés, la grille bien évidente et les ajouts aérodynamiques prononcés ne sont pas sans attirer quelques regards.

Ajoutez à cela des feux arrière en forme de Z étirés qui, en plein jour, sont plus étranges qu’esthétiques (allumés dans le noir, l’effet est totalement réussi ­cependant), et la ligne de toit plongeante vers l’arrière, et vous aurez encore une ­silhouette hors de l’ordinaire. Moins que sa prédécesseure, mais tout de même.

L’habitacle a aussi été remanié. Le bloc de batterie (nickel métal en version de base ou lithium-ion en version plus élevée) logé sous le siège permet de dégager de l’espace de chargement arrière, espace que l’on retrouve aussi partout dans le cockpit. Le résultat est un dégagement intéressant pour tous les passagers, ce qui rend la Prius désormais plus ­acceptable comme voiture familiale (et la fait passer du statut de voiture compacte à voiture intermédiaire).

Le tableau de bord ne m’a cependant pas séduit. Rien à faire, les cadrans logés au centre de la planche de bord en haut ne sont pas mes favoris, et y jeter un oeil exige que je quitte la route des yeux trop longtemps. Un bon mot pour la présence d’un affichage tête haute, cependant ­disponible uniquement sur la version Technologie (la Prius propose trois ­versions cette année, base, Touring et Technologie, chacune offrant la même motorisation, mais des options différentes).

Moins gourmande

La vraie raison pour laquelle on achète une Prius, c’est la consommation ­d’essence. Avec son moteur 4 cylindres de 121 chevaux (même puissance que l’an dernier, mais un nouveau calcul fait ­baisser les chiffres) et son moteur ­électrique en appui, la Toyota Prius 2016 est peu gourmande. Tellement peu en fait que, même aux termes d’une journée complète d’essai sur les routes entourant Vancouver, en ville et en campagne, nous avons maintenu une moyenne de 4,4 litres aux 100 kilomètres, plus basse que la moyenne annoncée.

Tout cela en appréciant la conduite, et en ne prenant aucune précaution particulière pour abaisser notre consommation. Quant au prix de la voiture, il est de 200 $ plus élevé que l’année dernière en version de base à 25 995 $.

Mieux équilibrée, plus économe, la Toyota Prius n’est pas encore celle qui vous fera vivre le grand frisson… sauf quand vous regarderez votre facture d’essence!

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