13 mai 2021
Municipales 2021
Richard Mongrain se lance en politique
Par: Rémi Léonard

Richard Mongrain devant sa résidence du centre-ville, que certains reconnaissent comme « la maison bleue de l’avenue Saint-Simon ». Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le résident du centre-ville Richard Mongrain sera de la course au poste de conseiller du centre-ville de Saint-Hyacinthe aux prochaines élections municipales. Celui qui s’est fait connaître notamment pour son opposition à l’aire d’affectation « centre-ville riveraine » veut en effet faire valoir sa propre vision d’un centre-ville plus authentique.

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S’il reconnaît aisément être fort en gueule, Richard Mongrain assure ne pas être du genre à critiquer sans rien faire. Depuis son arrivée à Saint-Hyacinthe, il y a maintenant 11 ans, il s’est appliqué à la rénovation de son duplex de l’avenue Saint-Simon, voulant en quelque sorte prouver qu’avec un peu de bonne volonté, il est possible de mettre en valeur le patrimoine du secteur.

Depuis, il a maintenant fait l’acquisition avec différents partenaires de trois autres immeubles voisins avec la même intention de leur redonner un peu de leur lustre d’antan. Richard Mongrain a longtemps travaillé dans le domaine de la construction et dit avoir quitté Montréal pour retrouver une certaine qualité de vie.

En plus des travaux sur ses bâtiments, il a aussi converti certains espaces bétonnés en plates-bandes, contribuant ainsi au verdissement du coin. « Je veux donner aux gens le goût du quartier », affirme celui qui dit voir fréquemment des passants s’arrêter pour admirer sa demeure. « Moi-même, quand je suis arrivé ici, c’est en marchant dans ces rues que je suis tombé en amour avec le quartier, surtout quand j’ai vu le Marché public », se rappelle-t-il.

Richard Mongrain indique avoir été témoin de beaux projets de restauration réalisés au centre-ville, comme celui de la Taverne Richelieu, à l’extrémité de la rue des Cascades.

L’élément déclencheur

Chose certaine, les félicitations distribuées à ceux qui prennent soin du cadre bâti tranchent avec son opinion sur les projets immobiliers menés par de grands promoteurs, le plus souvent de l’extérieur. Cette opposition, qu’il a souvent verbalisée dans les dernières années, trouve selon lui son origine à la soirée d’information sur la promenade Gérard-Côté, tenue en 2018, où la vision de la Ville pour la revitalisation du centre-ville a été exposée.

Quelques semaines plus tard, cette vision se matérialisait en l’établissement d’une zone où la hauteur des édifices était fixée entre six et huit étages dans certaines portions du centre-ville, alors que l’assistance avait plutôt reçu comme information que la hauteur envisagée serait de quatre à six étages. « Une soirée de désinformation », accuse encore aujourd’hui M. Mongrain. « Si je me présente aux élections, c’est grâce à Claude Corbeil », lance-t-il en parlant de cet épisode. Même si ce n’était pas lui qui avait évoqué les questions de hauteur, le maire avait reconnu à l’époque qu’il aurait dû corriger l’information donnée lors de cette soirée.

Richard Mongrain avait par la suite fait partie des citoyens qui s’étaient rassemblés à l’hôtel de ville pour dénoncer la chose devant le conseil. Il est même allé plus loin en intentant en 2019 une poursuite contre la Ville portant spécifiquement sur le changement réglementaire qui a mené à la création de la zone riveraine. Il a fait appel au sociofinancement pour couvrir les frais judiciaires, lançant par la même occasion Saint-Hyacinthe debout.

Il rapporte aujourd’hui que la récolte n’a pas été suffisante pour lui permettre d’aller jusqu’à lever une injonction pour empêcher le décollage du projet Sélection, qui comptera six à huit étages. Pour lui, les nouvelles constructions au centre-ville devraient se limiter à quatre étages.

Opinions en vrac

Comme Richard Mongrain n’hésite pas à se prononcer sur une panoplie de sujets, LE COURRIER a voulu sonder ses opinions sur quelques dossiers chauds au centre-ville. L’aspirant conseiller est évidemment partisan de la restauration de bâtiments, mais il ne défend pas nécessairement leur sauvegarde à tout prix. À titre d’exemple, il ne s’est pas opposé aux démolitions des immeubles de l’avenue Saint-François parce qu’il estime qu’ils étaient trop abimés pour être sauvés.

Sur l’épineux dossier de la rue piétonne, le candidat ne soutient pas l’idée de l’instaurer sur une période étendue, affirmant que le secteur ne comporte pas la « masse critique » de commerces pour le permettre. Il voit toutefois une ouverture pour une piétonnisation ponctuelle, par exemple les fins de semaine de mai ou de juin. Il plaide aussi pour un meilleur soutien aux commerçants existants, ceux qui ont gardé le centre-ville vivant pendant des années, au lieu du programme actuel qui supporte l’implantation de nouveaux commerces. Richard Mongrain dit également s’inquiéter du départ du palais de justice vers le nord pour plusieurs années. La Ville aurait dû insister pour l’installer dans l’édifice qui abritera la future bibliothèque, quitte à retarder le projet, prétend-il. Ce délai aurait par exemple pu permettre d’aller chercher plus de subventions, considérant les coûts du projet, qu’il juge exorbitants.

Pas d’union avec SHU

Il refuse par ailleurs l’idée de joindre un parti politique municipal, jugeant que la partisanerie n’amène rien de bon dans le débat public. Pas question pour lui de s’allier à Saint-Hyacinthe Unie (SHU), un regroupement qu’il trouve trop proche de Québec solidaire à son goût. Le parti affirme pour sa part être composé de personnes de divers horizons et insiste sur son approche transpartisane.

Enfin, Richard Mongrain tenait à annoncer qu’il versera 50 % de son salaire à un organisme communautaire de son quartier, espérant ainsi inciter d’autres candidats à faire de même.

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