7 février 2013
RIP le boulevard de l’auto
Par: Martin Bourassa

Le boulevard de l’auto, qui a jadis fait courir les foules à Saint-Hyacinthe, n’est plus. La fermeture du concessionnaire Acura de Saint-Hyacinthe, à la fin du mois de décembre, a mis le clou dans le cercueil de ce qui a longtemps été l’endroit de prédilection pour l’achat de voitures neuves en sol maskoutain.

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Il ne reste désormais aucun concessionnaire de voitures neuves sur le boulevard Casavant, autrefois considéré comme LE boulevard de l’auto au Québec. Pendant ses belles années, une majorité de bannières s’y succédaient. On y trouvait les concessions Ford, Honda, Acura, Nissan et Hyundai, et même Mazda du Boulevard, à l’intersection du boulevard Casavant et de la rue Cusson.

« Saint-Hyacinthe, le boulevard de l’auto, c’était notre marque de commerce, un élément marketing fort et connu à l’échelle de la province, se souvient Marc Bouchard, chroniqueur automobile du Courrier de Saint-Hyacinthe. On a fait beaucoup de millage avec cette formule qui s’est ancrée dans les esprits, mais qui concrètement n’a plus sa raison d’être depuis plusieurs années déjà. »Dans les faits, le concept publicitaire du boulevard de l’auto serait apparu au début des années 1980 sous l’impulsion de Jean-Paul Lambert, qui possédait les cinq bannières sur le boulevard Casavant à l’époque, soit Yamaska Ford, Honda Casavant, Acura Casavant, Hyundai Casavant et Les Galeries Nissan, rappelle Jean-Pierre Julien, publiciste de longue date du regroupement des concessionnaires automobiles de Saint-Hyacinthe.Ce slogan aurait perduré jusqu’à la fin de l’année 1999 avec la vente de la bannière Ford au Groupe Baril. Lentement, mais sûrement, le boulevard de l’auto a perdu de son lustre par la suite, au gré des mouvements de concessions.La bannière Ford s’est relogée le long du boulevard Laurier à Douville. Honda, Hyundai et Nissan, ce dernier après un détour par la rue Cusson, se sont offert une vitrine sur l’autoroute 20, en s’installant sur la rue Johnson. Mazda a lui aussi migré vers l’autoroute, du côté de Saint-Thomas-d’Aquin.Dans le cas de la concession Acura, elle a pris le chemin de Sainte-Julie où de toutes nouvelles installations ont été aménagées le long de l’autoroute Jean-Lesage.« Si on m’avait dit il y a 30 ans que le jour viendrait où il n’y aurait plus aucun concessionnaire sur le boulevard Casavant, je ne l’aurais pas cru, dit M. Julien. Mais les choses ont changé et l’attrait de l’autoroute y a été pour beaucoup. »Jean-Paul Lambert a fait savoir au COURRIER que c’est justement la force d’attraction que représente une vitrine comme l’autoroute 20 qui a incité sa famille à opérer ce mouvement et ce rapprochement stratégique vers le nord. Il a dit également ne pas ressentir de nostalgie ni d’amertume face au changement d’identité de l’ancien boulevard de l’auto puisqu’il regarde vers l’avenir avec confiance.Sur le boulevard Casavant, les anciens emplacements autrefois occupés par des concessionnaires ont entre autres fait place à un supermarché, à une institution financière et à un commerce de matelas. Les locaux occupés jusqu’au 20 décembre dernier par Acura sont présentement offerts en location.

Le coeur bat toujours

Au niveau marketing, les concessionnaires de Saint-Hyacinthe n’ont eu d’autre choix que de s’adapter et de trouver un autre slogan publicitaire.

Ces dernières années, on a remplacé « le boulevard de l’automobile » par « le coeur de l’automobile », en misant davantage sur l’emplacement stratégique de la Ville que celui des concessionnaires répartis aux quatre coins de la Ville.« Le coeur, ce sera encore l’élément central de notre stratégie publicitaire de cet hiver, note M. Julien. On souhaite attirer les consommateurs vers le plus grand regroupement de concessionnaires en Montérégie. Ici, les gens de l’industrie se parlent et échangent encore autour d’une même table, celle de l’Association qui regroupe 14 bannières différentes. Au Québec, c’est assez unique comme concertation. »Outre le transfert des concessions sur le territoire maskoutain, Marc Bouchard et Jean-Pierre Julien constatent un autre phénomène, à savoir la perte de bannières en sol maskoutain. « Nous sommes passés en quelques années de 18 à 14, signale M. Julien. Il y a eu le départ de Mercedes et Acura, la fin de Pontiac et la fermeture de Suzuki, l’automne dernier. Il est donc important de recréer une nouvelle dynamique. »C’est au niveau des bannières de luxe que le déclin se fait particulièrement sentir, fait remarquer Marc Bouchard. À la perte récente d’Acura, il faut aussi ajouter celle de la bannière Cadillac, depuis la fermeture de Concorde automobile, dont le nom a été repris en 2010 par d’anciens employés pour la vente de véhicules usagés.Il serait toutefois possible de se procurer des véhicules Cadillac neufs chez nous, même si la bannière ne figure pas officiellement dans la salle de présentation du Groupe Lussier. Notons aussi des changements significatifs au niveau des bannières Volvo et Mercedes à Saint-Hyacinthe dont les concessions maskoutaines sont devenues « des satellites » du Groupe Duval de Boucherville, selon M. Bouchard.

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