16 septembre 2021
carte blanche
Rire ensemble
Par: Christian Vanasse
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Dimanche dernier, au chic Zaricot, chaleureuse salle de spectacle du centre-ville de Saint-Hyacinthe, j’avais l’illustre honneur et l’immense privilège d’être invité pour l’ouverture de la nouvelle saison des Enfants du feu, spectacle improvisé qui fait la joie des foules Zaricoises depuis 2002… soit au moins 26 ans, selon un de ses fondateurs, Simon Maltais. Mais c’est peut-être aussi 50, rajoutera-t-il avec un sourire dans les yeux. De toute façon, les chiffres et les dates n’avaient plus d’importance ce soir-là, car « le temps avait suspendu son vol et les heures propices leur cours, pour les plus beaux de nos jours », comme aurait sûrement dit le poète Lamartine après deux pintes de blonde.

Car, ce soir-là, nous aurions pu être n’importe quand, mais nulle part ailleurs. Nous ne pouvions être que là, maintenant, tous en même temps dans un instant aussi présent que fuyant, qu’il fallait saisir avec tous nos sens. C’est là, toute la beauté du spectacle vivant. Faut y être pour en faire partie.

Parmi la foule, certains n’avaient pas vu de spectacle vivant depuis plus d’un an et demi. Tous et toutes avaient fait différents sacrifices pour se rendre, un soir de septembre, dans une salle de spectacle du centre-ville. Vaccins, passeport, distanciation, port du masque et lavage de main, tout le monde avait fait un effort pour se réunir. Et pourquoi au juste? Parce que nous avons terriblement besoin du spectacle vivant qui est bien plus qu’un dialogue entre le public et les acteurs. C’est une respiration, un battement de cœur commun, la célébration de la vie en nous.

Ce soir-là, comme dirait Michel Garneau, nous étions des décrocheurs d’étoiles. Des lunes penchées comme un canot, chavirant leurs gréements dans nos nuits d’attente.

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