23 octobre 2014
Robert Robin sous les projecteurs
Par: Martin Bourassa
Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Robert Robin est sans contredit le promoteur immobilier le plus influent de Saint-Hyacinthe. Cette position de force est le fruit de 42 ans de dur labeur et de fructueuses affaires à la tête de Construction Robert Robin, puis du Groupe Robin, l’entreprise familiale qu’il opère désormais en compagnie de son fils Jonathan et de sa fille Nellie. À 65 ans, ce diplômé en administration des HEC et ex-professeur de comptabilité, marketing et finance mène toujours son entreprise avec poigne, assurance et détermination, sans ralentir le tempo. Avec le flegme qui le caractérise, il a accepté volontiers de répondre à nos questions

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Vous êtes impliqués dans divers projets dont à Beloeil, Saint-Bruno et à Vaudreuil avec la mise en chantier d’un hôtel, sans parler de votre implication dans Le District 55, un mégaprojet commercial de 800 M$ à Trois-Rivières. Le Groupe Robin est-il en train de s’éloigner de Saint-Hyacinthe?

« Absolument pas, nous sommes encore très actifs à Saint-Hyacinthe, mais l’économie locale tourne au ralenti, ce qui nous limite un peu. Cela nous incite à saisir les opportunités qui se présentent à l’extérieur, sans pour autant nous éparpiller. On fait le maximum ici pour faire bouger les choses. Mais si nous n’avions pu obtenir le changement de zonage pour construire notre tour de bureaux au M et y déménager notre siège social, peut-être aurait-il fallu se résoudre à regarder ailleurs, mais ce n’est pas le cas. »

À propos de vos projets maskoutains, vous avez de grandes ambitions avec votre projet de tour de bureaux verte.

« Effectivement, au printemps débutera la construction de notre tour de bureaux LEED et elle sera extraordinaire à tous les points de vue. Nous allons vendre des étages de la tour et déjà cinq ou six groupes d’ici et d’ailleurs ont démontré un intérêt certain, mais ne comptez pas sur moi pour vous révéler leur identité. Je leur laisserai le soin de s’annoncer eux-mêmes le moment venu. »

Le Groupe Robin compte aussi s’attaquer à un projet colossal avec la reconversion du couvent des Soeurs Saint-Joseph.

C’est un projet qui me passionne au plus haut point. Nous allons y aménager 186 appartements locatifs pour une clientèle autonome. C’est une rare opportunité de pouvoir donner une seconde vie à une telle bâtisse et nous voulons le faire avec le plus grand respect, tout en préservant son cachet. J’ai pris l’engagement de ne pas détruire la magnifique chapelle et je ne l’aurais jamais acheté si cela avait été pour devenir celui qui allait la détruire. Nous voulons lui donner une vocation communautaire et culturelle, ouverte sur la communauté. »

D’entrée de jeu, vous avez fait allusion à l’économie maskoutaine qui traîne de la patte. La situation est-elle à ce point préoccupante?

« La morosité semble s’être installée à Saint-Hyacinthe. Sur le terrain, et en ce qui nous concerne, le secteur locatif n’a jamais été aussi faible et la construction résidentielle est en baisse depuis deux ans. Je m’explique mal cette morosité, car nous avons trois grandes forces : l’éducation, l’agroalimentaire et la proximité de Montréal. Pour l’éducation, il y a encore tout un pôle universitaire à développer et pour l’agroalimentaire, la Cité de la biotechnologie et le CLD devront se réorganiser pour nous dire qui mène quoi et quel est le plan pour créer des emplois. Nous sommes assis sur un trésor et nous devrions être des leaders. Est-ce le cas? »

La fermeture de l’Hôtel des Seigneurs et du centre des congrès est-elle la cause ou la conséquence de cette morosité?

« C’est un coup dur en tout cas et pas seulement pour les 250 personnes qui ont perdu leur travail. Au Holiday Inn, nous collaborions beaucoup avec l’hôtel et on a trouvé l’hiver passablement dur sans congrès d’envergure. Mais une fois qu’on constate ça, on fait quoi ensuite? Nous, on fait ce qu’on peut avec nos moyens, mais il faudra réaliser que plus on va attendre pour relancer les congrès et moins il y aura de la place pour nous. La situation actuelle devient catastrophique, mais la solution ne m’appartient pas. Nos élus devraient s’asseoir avec les décideurs du milieu. Il faudrait travailler tous ensemble et dans l’harmonie. »

À ce sujet, le maire Claude Corbeil termine bientôt la première année de son mandat. Quel bilan en faites-vous?

« Mon rôle n’est pas de faire de la politique. Tous les élus font leur possible, j’imagine. Notre maire semble plein de bonnes intentions, mais j’ai hâte de voir du concret. Quelle est la vision du conseil en matière de développement économique? C’est bien beau de vouloir atteindre les 60 000 résidants, mais quel est le plan pour y arriver? »

Connaissant votre position personnelle sur le train de banlieue, j’imagine que vous souhaiteriez un peu plus d’action de ce côté?

C’était le cheval de bataille du maire à l’élection justement, mais nous n’entendons plus parler de rien. Pourquoi ce silence? Actuellement, nous subissons les désavantages de notre proximité avec Montréal sans profiter des avantages, ce qui ne serait pas le cas avec un train bidirectionnel. Il faut arrêter de se demander ce que ce train va nous coûter, mais voir ce qu’il va nous rapporter. »

Au début des années 2000, on a accusé le Groupe Robin de contribuer au phénomène des fuites résidentielles en raison de son entente d’exclusivité avec l’Oeuvre Antoine-Girouard et de sa position dominante dans le marché local. Ces critiques sont-elles encore pertinentes en 2014?

« En tout cas, nous ne les entendons plus! C’est un mythe, car nous n’avons jamais eu le monopole de la construction résidentielle. On remarque plus de concurrence en 2014, mais il faudrait voir si cela a eu des effets aussi bénéfiques que souhaité pour les sous-traitants et les fournisseurs d’ici. »

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