17 septembre 2015
Centre des congrès
Robin va de surprise en surprise
Par: Jean-Luc Lorry
Robin va de surprise en surprise

Robin va de surprise en surprise

Le vice-président du Groupe Robin, Jonathan Robin. Photothèque | Le Courrier ©

Le vice-président du Groupe Robin, Jonathan Robin. Photothèque | Le Courrier ©

Interrogé par LE COURRIER, la direction du Groupe Robin, un important promoteur immobilier maskoutain, se dit surprise par l’évolution des négociations entre la Ville de Saint-Hyacinthe et son partenaire d’affaires, Les Centres d’Achats Beauward dans la construction du futur centre des congrès.

L’automne dernier, à la demande de la Ville, le Groupe Robin était disposé à vendre un terrain situé au complexe M, une zone commerciale dont il est propriétaire, pour y bâtir un centre de congrès attenant à un hôtel.

Fin novembre, le Groupe Robin avait adressé une lettre d’intérêt à la Ville afin de s’assurer de pouvoir déposer un projet incluant un spa thermoludique.

Le 9 février, un comité composé du maire Claude Corbeil, du directeur général de la Ville, Louis Bilodeau, de la directrice générale adjointe de la Ville, Chantal Frigon et des conseillers municipaux Donald Côté et Alain Leclerc avait rencontré le Groupe Robin pour lui annoncer que le projet de centre de congrès se ferait avec Les Centres d’Achats Beauward, propriétaire des Galeries St-Hyacinthe.

« Comme promoteur immobilier local, je trouve déplorable de ne pas avoir eu l’opportunité de déposer notre projet. La Ville aurait eu un pouvoir de négociation entre deux entreprises. Son argumentaire était que le projet de centre de congrès se concrétiserait plus rapidement avec les Centres d’Achats Beauward qu’avec nous », se remémore Jonathan Robin, vice-président du Groupe Robin.

Dans ce dossier, nous révélions fin août que la municipalité sera finalement ­locataire d’un terrain situé sur le site des Galeries St-Hyacinthe sur lequel elle ­assumera les coûts de construction de la portion centre des congrès puisque celui-ci sera greffé à un hôtel de 200 chambres.

« Au départ, la Ville voulait se porter ­acquéreur d’un terrain pour être en ­mesure de demander des subventions à titre de propriétaire. Je me souviens que cette ­demande était non négociable. ­Aujourd’hui, on constate que la condition de base n’est plus ce qu’elle est… », indique M. Robin.

Annoncée pour cet automne, la construction du futur centre des congrès a été ­repoussée au printemps 2016. L’inauguration est prévue pour septembre 2017.

« Si la Ville avait fait affaire avec nous, on aurait réglé le prix du terrain en l’espace d’une semaine. Nous sommes habitués de travailler de concert avec les municipalités. Probablement qu’aujourd’hui, le centre des congrès serait même ouvert », ­mentionne le promoteur immobilier.

Bail emphytéotique

L’étonnement fut total chez le Groupe ­Robin lorsque celui-ci appris via LE COURRIER, que la Ville aurait signé un bail emphytéotique d’une durée de 40 ans avec Les Centres d’achats Beauward.

« Un bail emphytéotique signifie que la Ville va construire le bâtiment (centre des congrès) sur le terrain des Galeries St-Hyacinthe et remettre les clés dans ­quarante ans au centre d’achats », observe avec consternation M. Robin.

La Ville prévoit un budget de 23 M$ pour la construction du centre des congrès. ­Début septembre, le conseil municipal a octroyé un contrat de 880 000 $ à la firme Neuf Architect(e)s pour la confection des plans et devis du centre des congrès.

Édifice à bureaux

Au lieu de travailler sur un centre de congrès, le Groupe Robin met actuellement la dernière touche à son ambitieux projet de bâtir un édifice à bureaux au sein du complexe M.

« Nos plans sont presque terminés. On devrait commencer la construction en février prochain. Comme il y aura un garage souterrain, on ne veut pas laisser la structure à l’air libre cet hiver », précise Jonathan Robin.

La bâtisse d’une superficie de 8 000 mètres carrés sur six étages devrait ­représenter un investissement de 18 M$. L’identité des locataires sera annoncée cet automne.

Rappelons que ce projet initialement prévu en 2012 fut retardé en raison d’une action judiciaire menée la même année par les Centres d’Achats Beauward. Le ­propriétaire des Galeries St-Hyacinthe et du site du défunt Hôtel des Seigneurs ­souhaitait alors invalider les règlements municipaux et ainsi empêcher la Ville d’émettre les autorisations requises au Groupe Robin.

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