9 avril 2020
Saint-Hyacinthe en confinement
Par: Rémi Léonard

Le parc Les Salines s’est ajouté récemment à la longue liste des endroits fermés dans le cadre de la lutte collective menée contre la pandémie de COVID-19. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Après s’être habitués à la série de mesures de précaution instaurées au cours des dernières semaines pour faire face à la pandémie de COVID-19, c’est maintenant la patience et la discipline qui sont demandées aux Maskoutains.

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Dans la dernière semaine, peu de nouvelles consignes se sont ajoutées à la liste, si ce n’est de la fermeture du parc Les Salines et du Boisé des Douze, décrétée le 2 avril par la Ville de Saint-Hyacinthe. La décision survient après que « plusieurs regroupements ont été observés », a précisé le maire Claude Corbeil lundi soir pendant la séance du conseil qui se tenait exceptionnellement à huis clos.

Il n’a d’ailleurs pas exclu de « fermer complètement » les autres parcs si la même situation était constatée, faisant appel « au gros bon sens » de ses concitoyens. Pour l’instant, les parcs municipaux sont toujours accessibles, tant qu’on n’utilise pas le mobilier urbain ou les modules de jeux et, bien sûr, qu’on respecte les règles de distanciation sociale. Les terrains sportifs, le parc canin et les parcs de planches à roulettes demeurent fermés.

Changement de ton

En fait, le changement de la semaine réside plutôt dans l’application de ces directives, que les autorités veulent plus ferme. Le maire Corbeil a bien avisé que la Sûreté du Québec « a toute la latitude nécessaire pour intervenir et sévir contre les récalcitrants ». Un message qui se veut le relai de celui du gouvernement provincial, d’où est venu récemment un changement de ton quant au comportement attendu des policiers. Depuis, la menace d’amendes de 1000 $ minimum plane sur ceux qui ne se conforment pas aux directives de la santé publique.

Pendant ce temps, la Ville poursuit ses activités essentielles (incendie, traitement de l’eau, certains travaux publics, etc.) et porte une attention particulière à « soutenir les organismes communautaires » locaux, a informé M. Corbeil. On pense ici aux organismes qui offrent du dépannage alimentaire, qui interviennent dans les situations de violence conjugale ou dans un contexte d’itinérance, tous particulièrement sollicités ces temps-ci.

La Ville a également étendu le répit de trois mois accordé aux intérêts à payer sur les taxes municipales à la taxe de bienvenue également (droits de mutation immobilière). Il s’agit d’une façon de donner une chance aux propriétaires en situation précaire, mais les citoyens qui peuvent le faire sont invités à payer à temps, a réitéré le maire.

Claude Corbeil a également appelé les citoyens à ne pas « confondre le rôle de la Municipalité avec celui de la santé publique », après que de nombreuses questions plus ou moins mal dirigées ont été reçues à l’hôtel de ville, surtout par rapport au nombre de cas confirmés dans la ville.

Il a aussi eu un message particulier aux aînés maskoutains, qui doivent être « doublement prudents », a-t-il bien insisté en leur recommandant d’opter pour la livraison au lieu de se rendre à l’épicerie. Plus largement, le maire a aussi réitéré son appel à l’achat local, un comportement « plus important que jamais ». « La solidarité est la clé pour traverser cette crise », a-t-il rappelé.

La vie municipale continue

Cette deuxième séance du conseil à huis clos a aussi été l’occasion de faire avancer quelques dossiers municipaux plus courants parce que, oui, la vie municipale continue malgré tout. Ainsi, le conseil a demandé au ministère des Transports du Québec le transfert de la gestion d’une portion du Grand Rang et de l’avenue Castelneau, de chaque côté du futur tunnel Casavant, en vue de l’aménagement d’un éventuel deuxième accès au cégep et d’une intersection.

Il s’agit d’une étape préliminaire en vue de la réalisation du projet, mais il reste encore à s’entendre avec le Club de golf St-Hyacinthe pour le passage le long de la voie ferrée ainsi qu’avec Hydro-Québec compte tenu de la présence d’une ligne électrique sur ce segment, a indiqué M. Bilodeau.

Il a aussi précisé que le chantier du tunnel comme tel, mené par le Canadien National, devait normalement reprendre « incessamment » pour des travaux d’excavation qui devaient se poursuivre jusqu’à l’été. À l’évidence, la situation en lien avec la COVID-19 viendra inévitablement retarder l’échéancier, a-t-il noté. D’autres chantiers comme la reconstruction des infrastructures souterraines sur la rue Delorme ou l’aménagement du deuxième accès au Domaine sur le Vert connaissent également le même sort.

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