9 octobre 2014
Saint-Hyacinthe et Gaz Métro, partenaires commerciaux
Par: Benoit Lapierre
Martin Imbleau, vice-président Développement de l’entreprise et énergies renouvelables chez Gaz Métro, et le maire de Sant-Hyacinthe, Claude Corbeil, ont signé mardi une entente de principe sur l’exploitation du biométhane que la Ville produira en grande quantité à partir de 2016. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Martin Imbleau, vice-président Développement de l’entreprise et énergies renouvelables chez Gaz Métro, et le maire de Sant-Hyacinthe, Claude Corbeil, ont signé mardi une entente de principe sur l’exploitation du biométhane que la Ville produira en grande quantité à partir de 2016. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe et la Société en commandite Gaz Métro ont conclu cette semaine un premier accord qui scelle leur partenariat dans le développement de la biométhanisation comme filière énergétique.

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Il s’agit d’une entente de principe par laquelle Gaz Métro s’engage, durant 20 ans, à acheter et à distribuer à même son réseau la majeure partie du gaz naturel que la Ville produira par biométhanisation. Voilà qui représente approximativement 13 millions de m3 de gaz par année, sur une production annuelle totale de 15 millions de m3.

Entérinée par le conseil municipal lundi, l’entente a été paraphée le lendemain à l’hôtel de ville, à l’occasion d’une conférence de presse. Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, a qualifié cette séance de signature de moment historique dans un dossier représentant un investissement total de quelque 48 millions $, assumé en trois parts égales par la Ville et les gouvernements supérieurs. « Je suis chanceux : j’arrive, et c’est fait! », a-t-il lancé, lui qui occupe la mairie depuis moins d’un an, alors que le projet chemine depuis 2008. La phase I ne concernait que les boues d’épuration, mais en phase II, ce sont les matières organiques résiduelles de toutes provenances qui sont visées, dont celles produites par l’industrie agroalimentaire.

« Nous remercions la Ville de Saint-Hyacinthe pour tout ce qu’elle a accompli, et nous espérons que ça fera des petits. Nous sommes fiers d’elle : tout a été fait de façon formidable », a déclaré Martin Imbleau, vice-président Développement de l’entreprise et énergies renouvelables chez Gaz Métro.

2,5 millions $ par an

Le maire Corbeil a signalé que selon les prévisions, la Ville pouvait espérer tirer environ 2,5 millions $ par année de ses ventes à Gaz Métro, lorsque la production de biométhane se fera à plein régime.

Ce rythme de croisière devrait être atteint au début de 2016, lorsque toutes les étapes prévues à la phase II du projet de biométhanisation auront été franchies et que la Ville pourra compter sur de nouveaux approvisionnements en matières résiduelles. « En pleine production, ça pourrait représenter des revenus de 6 millions $ par année, ce qui n’est pas négligeable, vous en conviendrez », a indiqué le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau.

Il a expliqué que la Ville, en plus de tirer profit de ses ventes à Gaz Métro, économisera en utilisant environ 2 millions de m3 de biogaz comme carburant pour des véhicules municipaux et comme combustible pour chauffer ses édifices. À cela s’ajouteront les revenus qu’elle tirera de la tarification sur les intrants de matière organique visés par la phase II du projet de biométhanisation, et de l’exploitation du terreau – le digestat – qui est obtenu à la fin du processus.

Mais pour que le projet de biométhanisation, phase II, puisse être définitivement ficelé, Gaz Métro devra bientôt retourner devant la Régie de l’Énergie pour obtenir son approbation quant à l’injection, dans son réseau de gaz naturel, du biométhane produit par la Ville de Saint-Hyacinthe.

En mars 2013, la Régie avait rejeté la première demande que Gaz Métro lui avait adressée à ce sujet. Selon le projet soumis, Gaz Métro se proposait de réaliser les installations requises pour assurer l’interchangeabilité, la composition et la pression du biométhane de façon à ce qu’il puisse être injecté dans son réseau de distribution.

Mais la Régie avait conclu qu’il s’agissait là d’activités de production et de commercialisation du biométhane qui ne cadraient pas avec la mission première de Gaz Métro, laquelle est de distribuer du gaz naturel. Dans la nouvelle proposition de Gaz Métro, l’accent sera donc mis sur la participation technique de la Ville, notamment en ce qui a trait aux volets purification et injection du biométhane dans le réseau, a confirmé Louis Bilodeau.

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