18 avril 2013
Biométhanisation, phase II
Saint-Hyacinthe ira jusqu’au bout
Par: Le Courrier
Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Bernier, le directeur du Service du Génie, Pierre Gabrielli (au centre) et le conseiller technique en traitement de l'eau, Pierre Mathieu, durant la conférence de presse sur la phase II du projet de biométhanisation.

Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Bernier, le directeur du Service du Génie, Pierre Gabrielli (au centre) et le conseiller technique en traitement de l'eau, Pierre Mathieu, durant la conférence de presse sur la phase II du projet de biométhanisation.

Quels que soient les imprévus qui pourraient survenir durant la phase II du projet de biométhanisation – un refus de la Régie de l’Énergie, par exemple -, ils n’empêcheront pas la Ville de Saint-Hyacinthe de mener à terme son gigantesque chantier environnemental pourvu d’un budget global de 50 millions $, dont la moitié provenant de subventions.

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Tel est l’essentiel du message que les autorités municipales ont livré en conférence de presse la semaine dernière, à la suite de l’octroi des premiers gros contrats dans le cadre de la phase II.

« Vous savez, nous sommes les premiers au Québec dans ce domaine. Tout le monde nous regarde, nous pose des questions. Ça crée de la pression », a déclaré le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Bernier, entouré des responsables du dossier.Le directeur du Service du génie, Pierre Gabrielli, de même que le conseiller technique en traitement de l’eau, Pierre Mathieu, ont confirmé que Saint-Hyacinthe faisait figure de précurseur en biométhanisation et qu’elle était perçue comme tel par ses interlocuteurs du gouvernement, avec lesquels elle reste en étroit contact. « Nous écrivons la norme à suivre au fur et à mesure, ce qui peut aussi occasionner des retards », a indiqué Pierre Gabrielli.

Biométhane

La biométhanisation, ce procédé de digestion qui permet de transformer les matières organiques en terreau et en biométhane, donne de bons résultats. Réalisée en 2009 au coût de 9 millions $, la phase I du projet permet maintenant à la Ville de valoriser toutes les boues issues des eaux usées qui sont traitées à la station d’épuration de la rue Girouard Est.

La Ville emploie le terreau qu’elle produit comme fertilisant dans l’entretien de ses espaces verts, tandis que le biogaz est utilisé comme combustible dans les opérations de la station. Au terme de la phase II du projet, la Ville prévoit traiter et valoriser, en plus des boues d’épuration, tout le contenu des bacs bruns dans les MRC Acton et Les Maskoutains, de même que de grandes quantités de résidus organiques et de produits périmés provenant de l’industrie agroalimentaire et des marchés d’alimentation.Saint-Hyacinthe doit donc trouver des débouchés pour écouler de grandes quantités de terreau et de biogaz de façon régulière. C’est ainsi qu’elle a signé avec la société Gaz Métro une entente visant l’injection de biométhane dans le réseau de distribution de gaz naturel. Toutefois, cet accord devra sans doute être revu, car la Régie de l’Énergie vient de rejeter une demande d’autorisation que Gaz Métro lui avait présentée. Selon l’entente avec la Ville, c’est Gaz Métro qui devait se charger de construire le poste de raffinage du biogaz devant permettre de le purifier, d’en augmenter la teneur en méthane et de la pressuriser. Mais la Régie a conclu qu’il s’agissait d’installations de production qui ne cadrent pas avec le rôle de distributeur de Gaz Métro. Signalons qu’au terme des travaux de la phase II, la production de biogaz doit passer de 800 000 de mètres cubes à 13 millions de mètres cubes par an.Le directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe, Louis Bilodeau, a indiqué qu’à la limite, la Ville pourrait se substituer à Gaz Métro pour concrétiser cette partie du projet, évaluée à 9,8 millions $. « Ce volet-là se trouve à la toute fin du processus de production. Ça n’empêche en rien la réalisation des autres étapes », a-t-il soutenu. Il a ajouté que la décision de la Régie donnait l’occasion à la Ville de négocier une modification à l’entente intervenue avec Gaz Métro. Au lieu de racheter de Gaz Métro le gaz naturel dont elle aura besoin, entre autres, pour alimenter en carburant 121 véhicules municipaux, la Ville souhaite pouvoir utiliser une partie de son biométhane en circuit fermé. Voilà une possibilité que ne lui offre pas l’entente actuelle.

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