5 août 2021
Saint-Hyacinthe verse 500 000 $ en aide financière au Centre de congrès
Par: Sarah-Eve Charland

La Ville de Saint-Hyacinthe accorde une aide de financière à son gestionnaire pour réduire les impacts de la pandémie sur ses activités. Photothèque | Le Courrier ©

L’opérateur du Centre de congrès bénéficiera d’une aide financière de 500 000 $, offerte par la Ville de Saint-Hyacinthe, pour pallier les impacts de la pandémie sur ses activités. En plus de cette aide, les élus ont aussi adopté des amendements à l’entente secrète entre la Ville et Beauward Immobilier, dont le prolongement de 36 mois de l’entente initiale de six ans conclue en 2016 avec l’opérateur.

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« C’est une résolution qu’on aurait préféré ne pas avoir à adopter, mais […] le secteur du tourisme d’affaires, et plus particulièrement du congrès, a été frappé de plein fouet par la pandémie de COVID-19. Notre centre de congrès qui allait très bien a malheureusement subi des pertes importantes liées aux annulations et à l’arrêt des activités », a affirmé le conseiller municipal David Bousquet au moment d’adopter la résolution d’une aide financière.

La maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, a ajouté que son gestionnaire, une entreprise dirigée par Michel Douville, était allé chercher toutes les subventions gouvernementales pour lesquelles il était admissible.

Selon ce qu’on a pu comprendre, ce montant servira en quelque sorte à diminuer les sommes dues sur la marge de crédit de l’entreprise de M. Douville et sera directement versé à l’institution financière Banque Royale du Canada. La Ville s’était portée garante d’une caution de 2,5 M$ à l’égard de son gestionnaire. Concernant la caution, la directrice des communications Brigitte Massé dit que Saint-Hyacinthe ne répond pas aux questions médiatiques touchant le cautionnement. Ce dernier demeure à 2,5 M$, précise la Ville. « Pour nous, ça relève de l’opérateur. Il y a des paramètres. L’opérateur a une marge de manœuvre à l’intérieur du plafond. »

À la séance du conseil municipal du 2 août, les élus ont aussi adopté deux amendements à l’entente de collaboration avec Beauward Immobilier qui a permis la construction de l’hôtel Sheraton et du centre de congrès.

Selon la directrice générale adjointe, Chantal Frigon, l’entente, tout comme les amendements, demeure confidentielle. « De ce qu’on peut dire, c’est que l’un des éléments est en lien avec le délai de l’entente. Elle a été prolongée d’une trentaine de mois », ajoute-t-elle.

Marijo Demers dénonce la culture du secret

L’aspirante mairesse et cheffe du parti Saint-Hyacinthe unie, Marijo Demers, s’inquiète des décisions prises par les élus lundi soir.

« Je suis tout à fait consciente que cette aide découle d’une entente signée au préalable. C’est une entente secrète hyper opaque, inique. Est-ce que c’est le rôle d’une Municipalité de soutenir un opérateur ou un promoteur privé? Si on n’avait pas signé cette entente-là secrète, qu’est-ce qu’on aurait pu faire avec cet argent? Chaque fois qu’il y aura un événement majeur qui vient perturber les activités du Centre de congrès, est-ce que la Ville devra injecter des deniers publics? », se questionnait-elle au lendemain de la séance en entrevue au COURRIER.

Elle dénonce aussi l’adoption des amendements sous le sceau de la confidentialité, même si elle s’en doutait.

« C’est problématique. Chaque fois que le sujet du centre de congrès reviendra, ce qu’on voit se dessiner comme trajectoire, c’est qu’on va aller de secret en secret. Ce qu’on comprend avec les termes utilisés, c’est que ce n’est pas la Ville qui a le gros bout du bâton, c’est l’opérateur », analyse-t-elle.

 

*Ce texte a été modifié après publication dans la version papier à la lumière de nouvelles informations transmises par la Ville de Saint-Hyacinthe.

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