19 juillet 2018
Règlement sur le bruit
Saint-Pie et Sanair discutent
Par: Benoit Lapierre
La piste triovale de Sanair se trouve au cœur du problème qui a incité Saint-Pie à adopter son règlement 235. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La piste triovale de Sanair se trouve au cœur du problème qui a incité Saint-Pie à adopter son règlement 235. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Après l’adoption d’un règlement municipal de lutte au bruit qui vient encadrer les activités du complexe de sport automobile Sanair, puis le dépôt d’un recours judiciaire contre la Ville de Saint-Pie dans le même dossier, les discussions ont repris cette semaine entre les parties.

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Une rencontre a eu lieu mardi entre le maire de Saint-Pie, Mario St-Pierre, le propriétaire de Sanair, Jacques Guertin, et les deux premiers actionnaires de la firme Expérience en piste Cabana Ranger, Raymond Guay et Andrew Ranger, l’entreprise qui veut faire casser le règlement municipal par le tribunal.

Jacques Guertin a contacté LE COURRIER après la rencontre pour lui faire part de ses commentaires. « Ça regarde plus que bien. Le maire St-Pierre s’est entendu avec ceux qui étaient là, mais maintenant, il faut qu’il passe ça au conseil », a-t-il mentionné. Il a précisé que des 14 pistes du complexe Sanair, seule la triovale restait en cause. « C’est le bruit de la triovale qui est au centre du litige », a-t-il admis, se disant étonné de l’ampleur de l’appui que Sanair reçoit sur les réseaux sociaux. « Je ne pensais pas que Sanair était autant appréciée », dit-il.

Le 6 juillet, Expérience en piste Cabana Ranger a déposé en Cour supérieure, district de Bedford, une « demande introductive d’instance en jugement déclaratoire de nullité » du règlement 235 relatif aux véhicules automobiles, adopté par le conseil municipal le 26 juin.

Cabana Ranger est un locataire de Sanair qui utilise sa piste triovale pour une clientèle qu’elle initie à la conduite de voitures de course de type Nascar. « La piste Sanair est la seule piste de la région permettant ce genre d’activités. Cette piste de course fut construite vers 1914 et il est de connaissance notoire qu’elle a été utilisée à cette destination sans interruption depuis », plaide dans sa requête Me Richard Arcand, l’avocat de la demanderesse.

Il souligne que « les dates et heures interdites sont celles de grande affluence » et que cette situation prive l’entreprise de toute possibilité de rentabiliser une activité qu’elle exerce à Sanair depuis 2012. « En plus d’être discriminatoire, ce règlement équivaut à interdire l’activité et est, par conséquent, nul et de nullité absolue », soutient l’avocat, ajoutant qu’il était évident que l’usage des lieux était protégé par droit acquis.

De son côté, le maire St-Pierre soutient que l’objectif de la municipalité n’a jamais été de nuire à Sanair. « Tout était réglé, il ne restait que le cas de la piste triovale, et ça a fait boule de neige. Il n’a jamais été question de fermer Sanair, mais seulement de donner un peu d’air aux gens qui habitent autour. S’il n’y avait pas eu la mise en demeure, peut-être qu’on en serait venu à un arrangement. »
Il devait soumettre hier soir à son conseil le résultat des dernières discussions dans le dossier. « On verra ce qui va se passer », a-t-il conclu.

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