21 juin 2018
La famille Johnson honorée
Saint-Pie se souvient 
Par: Benoît Lapierre
Photo de famille devant la maison Johnson et son panneau commémoratif. Dans l’ordre, Yves Jolly et Denise Laflamme, les propriétaires actuels, Anne-Marie Saint-Germain, représentante de la députée Brigitte Sansoucy, Marie Johnson, Pierre Marc Johnson, Daniel Johnson, Mario Saint-Pierre, maire de Saint-Pie, Diane Johnson, Geneviève Lemay, représentante de la députée Chantal Soucy, et Luc Cordeau, directeur général du Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe.

Photo de famille devant la maison Johnson et son panneau commémoratif. Dans l’ordre, Yves Jolly et Denise Laflamme, les propriétaires actuels, Anne-Marie Saint-Germain, représentante de la députée Brigitte Sansoucy, Marie Johnson, Pierre Marc Johnson, Daniel Johnson, Mario Saint-Pierre, maire de Saint-Pie, Diane Johnson, Geneviève Lemay, représentante de la députée Chantal Soucy, et Luc Cordeau, directeur général du Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe.

Le long séjour à Saint-Pie d’une famille venue s’y établir en 1946 avant de donner au Québec trois premiers ministres a été souligné de belle façon par la municipalité à l’occasion du 50e anniversaire du décès de Daniel Johnson, premier ministre du Québec de 1966 jusqu’à sa mort, survenue le 26 septembre 1968 au barrage Manic-5. 

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Me Daniel Johnson et sa femme, Reine Gagné, avaient installé leur petite famille au 276, rue Notre-Dame le 6 décembre 1946, à la veille de l’élection partielle du 19 décembre dans Bagot, remportée par M. Johnson et l’Union nationale de Maurice Duplessis.

« Pourquoi à Saint-Pie? Parce que c’était le village le plus “rouge” du comté », a raconté Daniel Johnson, tout en décrivant son père comme un « bleu » qui adorait aller au-devant des électeurs.

Leur ancienne demeure de la rue Notre-Dame est maintenant identifiée par un panneau commémoratif qui a été dévoilé le 14 juin en présence des quatre enfants Johnson, Diane, Marie, Daniel et Pierre Marc. Le texte rappelle qu’après Daniel Johnson père, ses fils Pierre Marc (1985, Parti québécois) et Daniel (1994, Parti libéral), qui ont grandi dans cette maison, ont aussi rempli l’illustre fonction de premier ministre du Québec.

« Nous sommes très touchés par la façon dont la Ville a voulu souligner la contribution de papa à Saint-Pie. Nous, nous avons été témoins de tout ça, et c’est lui qui nous a donné le sens de l’engagement politique. Que trois premiers ministres issus de la même famille aient vécu ici, je dirais que c’est un accident de l’histoire », a souligné Daniel Johnson.

Son père, qui avait fait son cours classique au Séminaire de Saint-Hyacinthe, pratiquait le droit à Montréal. Il utilisait la maison de Saint-Pie comme résidence secondaire et comme bureau de comté. Les enfants y passaient toutes leurs fins de semaine et les longs congés. « Je me souviens que le samedi, des gens attendaient, assis sur un banc dans la cuisine, pour rencontrer le député », a-t-il poursuivi, plongé dans les souvenirs qu’il conserve de Saint-Pie. « Ici, c’était une vie de plaisir, de rencontres, d’expériences de toutes sortes. »

Originaire de Saint-Pie, Luc Cordeau, historien et archiviste du Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, a grandi à deux pas des Johnson, rue Notre-Dame. Il se souvient très bien de cette époque où les Saint-Piens appelaient affectueusement leur député « Daniel ». « Daniel Johnson était très près des gens. Il n’était pas rare de le voir participer à des activités comme le carnaval d’hiver de Saint-Pie. Il avait le don de reconnaître les personnes et de retenir leur nom », a mentionné M. Cordeau, auteur du texte commémoratif.

Le maire de Saint-Pie, Mario Saint-Pierre, a quant à lui remercié le conseiller Jean Pinard d’avoir proposé et lancé le projet de commémoration. « Passionné d’histoire et de patrimoine, il souhaitait léguer aux générations futures le souvenir du passage de la famille Johnson à Saint-Pie », a-t-il déclaré.

La maison de la rue Notre-Dame est demeurée la propriété de la famille Johnson jusqu’en 1987. Elle appartient aujourd’hui à Denise Laflamme et Yves Jolly, originaire de Bretagne. Sur le mât dressé devant cette maison au riche passé, un fanion breton flotte maintenant avec le drapeau du Québec. 

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