2 août 2012
Saint-Pie veut mettre sur pied une coop de santé
Par: Jean-Luc Lorry
La Clinique Santé Plus de Saint-Pie devrait être bientôt rénovée et modernisée par son propriétaire Guy Lacasse.

La Clinique Santé Plus de Saint-Pie devrait être bientôt rénovée et modernisée par son propriétaire Guy Lacasse.

Même si la Ville de Saint-Pie dispose de trois médecins généralistes, les élus encouragent la mise sur pied d’une coopérative de solidarité santé et souhaitent attirer d’autres praticiens.

publicité

Fin 2011, le conseil municipal avait demandé qu’un comité provisoire soit formé « afin de trouver des pistes de solutions pour améliorer les services de santé dans la communauté ». Après plusieurs rencontres, une coopérative de solidarité santé a finalement vu le jour début février. « Un projet d’avenir » piloté par un conseil d’administration composé de huit membres.

« Notre population est vieillissante et de nouvelles familles viennent s’installer chez nous, observe Roger Gauthier, vice-président de la coopérative. Nous avons constaté que plusieurs citoyens n’ont pas de médecins de famille et nous allons essayer d’attirer un ou deux nouveaux omnipraticiens. » Pour réussir cette opération séduction, les administrateurs devront composer avec le Plan régional d’effectifs médicaux (PREM) dont le nombre de postes accessibles par région est déterminé par le ministère de la Santé et ensuite géré par l’Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie. « Les médecins qui pratiquent déjà en Montérégie ne dépendent pas des critères imposés par le PREM et peuvent postuler dans une coopérative de santé », précise François Simard, porte-parole de l’Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie.En 2012, le vaste territoire couvert par le Centre de santé et de services sociaux Richelieu-Yamaska n’a pu accueillir que quatre médecins fraîchement diplômés et trois omnipraticiens provenant d’autres régions. Actuellement, les quelque 5 200 citoyens de Saint-Pie ont à leur disposition trois médecins répartis dans deux cliniques médicales. L’immeuble où loge la Clinique Santé Plus, propriété de l’homme d’affaires Guy Lacasse, regroupe sous un même toit, le cabinet du docteur Jacques Desroches et celui de son confrère Pierre Milette qui devrait prendre bientôt sa retraite. Un troisième omnipraticien, le docteur Éric Poulin, opère la Clinique médicale St-François dont il est propriétaire.

Guy Lacasse opposé

Interrogé sur le sujet, Guy Lacasse ne comprend pas la volonté municipale d’avoir appuyé la création d’une coopérative de solidarité santé à Saint-Pie.

« Ce n’est pas le mandat de la municipalité d’initier un projet de coopérative de santé et de concurrencer l’entreprise privée. Je pense qu’à Saint-Hyacinthe, la Ville ne ferait jamais une chose pareille avec le Groupe Robin », estime sur un ton ferme Guy Lacasse, en entrevue au COURRIER.Le copropriétaire du Groupe Lacasse dit être prêt à investir un montant de 500 000 $ pour rénover et moderniser la Clinique Santé Plus. En plus des deux médecins, l’édifice héberge entre autres une pharmacie, un dentiste, un denturologue, une infirmière et un chiropraticien.« Nous avons déjà trois médecins à Saint-Pie. Nous n’avons pas besoin d’une coopérative de santé. Il est inutile de faire payer une cotisation annuelle aux citoyens », mentionne M. Lacasse.Les docteurs Desroches et Milette pratiquent à Saint-Pie depuis de nombreuses années. Ils sont locataires à la Clinique Santé Plus et emploient à leurs frais depuis deux ans deux secrétaires médicales auparavant rémunérées par Guy Lacasse.« Ces deux médecins sont favorables à l’idée de venir exercer à la coopérative de santé, indique Roger Gauthier. Quant au Dr Poulin, il préfère pratiquer à sa propre clinique. »Cette information n’a toutefois pu être confirmée auprès des personnes visées.

Règlement de la RAMQ

Les citoyens intéressés à profiter des services médicaux proposés par la future coopérative ne seront pas obligés de payer une cotisation annuelle qui pourrait se chiffrer à une centaine de dollars ainsi que d’un montant fixe de 20 $ pour en devenir membre.

En septembre 2011, la Régie de l’assurance maladie du Québec avait réalisé des enquêtes sur le fonctionnement des coopératives de santé. « Le paiement de parts sociales et de cotisations annuelles ne doit en aucun temps constituer une condition préalable pour accéder aux services d’un médecin ou encore permettre un accès plus rapide à un médecin », peut-on lire dans un document obtenu par LE COURRIER.Le président de la coopérative de solidarité santé, Julien Girard, n’a pas retourné nos appels.

image