8 décembre 2011
Saint-Théodore-d’Acton — 1861-2011 (1)
Par: Le Courrier
L‘église paroissiale de Saint-Théodore. Cahier des églises du diocèse des Trois-Rivières, 1877.

L‘église paroissiale de Saint-Théodore. Cahier des églises du diocèse des Trois-Rivières, 1877.

Organisation de la paroisse

Organisation de la paroisse

Les propriétés du canton d’Acton étaient vendues par Stevens et Desmarteaux, qui tenaient leur bureau à Waterloo, comme représentants de la « British American Land Company ». Les plus anciennes concessions dans le canton d’Acton datent de 1806.

En 1851, le canton d’Acton faisait partie du comté de Drummond. Ce canton couvre les paroisses de Saint-André-d’Acton, de Saint-Théodore-d’Acton, une partie de Saint-Nazaire-d’Acton et de Sainte-Christine. Dès l’automne de 1858, Narcisse Édouard Ricard avait été chargé par Mgr Thomas Cooke, premier évêque des Trois-Rivières, de la desserte des catholiques de tout le canton d’Acton faisant alors partie de son diocèse. Ce territoire n’étant pas encore érigé en paroisse. La paroisse de Saint-André-d’Acton fut érigée par décret canonique du 8 janvier 1859 et de ce jour, M. Ricard devint desservant de la mission de Saint-Théodore-d’Acton. L’Ordinaire du diocèse attendra jusqu’au 12 novembre 1861 avant d’ériger en paroisse canonique sous le vocable de saint Théodore les 6e, 7e, 8e, 9e, 10e et 11e rangs plus l’augmentation triangulaire du canton d’Acton, borné au sud par le 5e rang d’Acton vers l’ouest par le canton d’Upton, vers le nord par Saint-Germain-de-Grantham par Wickham et en partie par le canton de Durham. Ces paroisses seront reconnues civilement avec leurs bornes respectives le même jour, par proclamation, en date du 10 avril 1862. Quelques années passèrent avant la nomination d’un premier curé résident à Saint-Théodore-d’Acton, Jean-Baptiste Marcotte, à la Saint-Michel de 1865. Il avait 28 ans. Le 26 avril 1874, il s’éteignait dans son presbytère à l’âge de 37 ans. Sur la demande de Mgr Louis-Zéphirin Moreau, évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr Louis-François Richer-Laflèche, évêque des Trois-Rivières, avait consenti à céder les deux paroisses d’alors, du canton d’Acton au diocèse de Saint-Hyacinthe d’où elles pouvaient être desservies beaucoup plus facilement que des Trois-Rivières. Le 19 février 1877, le pape Pie IX émit un décret par lequel il transférait ces deux paroisses d’un diocèse à l’autre.

La paroisse religieuse

En 1842, monsieur l’abbé Joachim Boucher, curé à Saint-David, fut chargé, comme missionnaire, de desservir le canton. Il venait trois ou quatre fois l’an apporter les grâces de son ministère aux généreux colons. On relève des mémoires de l’abbé Emmanuel Guilbert la version suivante : « La première messe fut dite par monsieur l’abbé Joachim Boucher en juillet 1842, dans la maison de Jacques Bouthillette, lot numéro 36 au 5e rang. » Monsieur l’abbé Joseph-Hercule Dorion, curé à Drummondville et 2e missionnaire depuis 1846, bâtit en 1849 une chapelle au village actuel de Saint-Théodore. Le terrain pour l’établissement des édifices religieux et du cimetière fut donné par François Dauphinais-dit-Phénix et Emmanuel Brunelle.

Selon l’usage du temps, la chapelle, en planches, fut construite par corvées. Elle s’élevait un peu en avant de l’église actuelle, mais en sens contraire, la porte donnant à l’ouest. À l’intérieur, un seul autel, un jubé avec deux ailes avançant jusqu’au sanctuaire. Le cimetière était situé à côté de la chapelle. Les autres desservants furent les abbés Jean-Baptiste Leclaire, curé de Drummondville, 1853-56; Jean-Octave Prince, curé de l’Avenir, 1856-62; Édouard-Narcisse Ricard, curé d’Acton, 1862-65. Comme on le voit, bien qu’érigée en paroisse depuis 1861, Saint-Théodore n’eut son curé résident qu’en 1865. M. Ricard s’occupa de l’organisation de la jeune paroisse. Dès 1862, il forma le conseil de Fabrique. Les registres paroissiaux s’ouvrent la même année. Les 4 et 5 juillet 1864, lors de sa visite pastorale, Mgr Thomas Cooke, évêque des Trois-Rivières, engageait les paroissiens de Saint-Théodore-d’Acton à se hâter de bâtir l’église et le presbytère. Comme la future église devait s’élever à l’emplacement du cimetière, il autorisait par un décret du 25 novembre, la translation des corps des défunts dans le nouveau terrain destiné et béni à cette fin. Afin de réaliser les projets de construction, le 25 janvier 1865, fut passé l’acte de répartition et de cotisation imposées sur tous les terrains des francs-tenanciers catholiques de la paroisse, au montant de 7 200 $. Louis Dion, chargé de l’entreprise, fit seulement les fondations, retira une partie du prix de la bâtisse, puis, ayant fait faillite, traversa la frontière américaine. La pierre angulaire de l’église fut bénite à la fin de mai 1867, par monseigneur Laflèche. Un second contrat fut accordé à Joseph-Hercule Lapalisse, entrepreneur, demeurant à Saint-Aimé. L’église fut bénite solennellement par monseigneur Laflèche, à l’automne de 1869. L’intérieur de l’église resta inachevé, faute de fonds. Le 6 octobre 1873, on dut lever une répartition supplémentaire de 4 000 $ afin d’acquitter les dettes encourues par la Fabrique.

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