12 juillet 2018
Véhicules automobiles et bruit
Sanair visé par un règlement de Saint-Pie
Par: Benoit Lapierre
Le nouveau règlement sur le bruit de la Ville de Saint-Pie aura notamment pour effet de limiter la durée des activités sur les divers sites du complexe Sanair, du 900, route 235.   Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le nouveau règlement sur le bruit de la Ville de Saint-Pie aura notamment pour effet de limiter la durée des activités sur les divers sites du complexe Sanair, du 900, route 235. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le complexe de sports motorisés Sanair est devenu la principale cible d’une nouvelle règlementation de la Ville de Saint-Pie destinée à éliminer le bruit excessif que peuvent produire certains véhicules, comme ceux qui roulent sur les circuits de course automobile.

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« Évènement de compétition de course automobile », « activité de formation à la course automobile », « circuit de course automobile » sont tous des termes définis en préambule de ce règlement que le conseil municipal a adopté en séance extraordinaire le 28 juin.

Il vient encadrer les activités qui se déroulent dans des installations comme celles qu’on retrouve en bordure de la route 235, d’abord en déterminant à quelles heures elles pourront dorénavant avoir lieu. C’est ainsi que « toute activité de véhicule automobile et de formation à la course automobile » dans la municipalité doit maintenant se dérouler du lundi au vendredi entre 9 h et 12 h et 13 h et 16 h, et ne pourra plus se tenir un jour férié.

Quant aux « évènements de compétition de véhicules automobiles », ils devront se dérouler de 9 h à 21 h le même jour, du jeudi au dimanche, exception faite de la soirée du vendredi au samedi, où ils ne seront interdits qu’entre 23 h à 9 h.

« Avant, ça pouvait rouler sans arrêt à longueur de journée, de 7 h 30 le matin jusqu’à 20 h 30, il n’y avait aucune plage horaire définie. Maintenant, c’est mieux encadré, et on n’interdit pas le drag du vendredi soir », a commenté le maire de Saint-Pie, Mario St-Pierre.

Mise en demeure

Il a admis que le nouveau règlement ne faisait pas le bonheur de tous les exploitants du site Sanair, lequel est toujours la propriété du fondateur, Jacques Guertin. « Un locataire qui se sent brimé nous a mis en demeure de retirer notre règlement », a fait savoir le maire St-Pierre.

Il a expliqué que la municipalité avait décidé de réagir aux innombrables plaintes au sujet du bruit qu’elle a notamment reçues de propriétaires du domaine Bousquet, un lotissementde quelque 300 maisons qui s’étend de l’autre côté de la route 235. « Ce n’est pas d’hier qu’on discute avec Jacques Guertin, qu’on lui dit qu’on reçoit des plaintes et qu’un jour, la municipalité devra serrer la vis. C’est ce qui vient d’arriver. »

De façon générale, le règlement stipule qu’il est interdit à toute personne de se servir d’un véhicule automobile de façon à causer des bruits inutiles et excessifs de nature à troubler la paix. Les contrevenants sont passibles d’une amende de 1000 $ (personne physique) ou de 2000 $ (personne morale), peines qui sont doublées pour toute récidive.

Ce sont les policiers de la Sûreté du Québec qui seront chargés de faire appliquer le nouveau règlement de Saint-Pie. Ils devront donc s’y conformer eux-mêmes puisqu’ils s’entraînent déjà au complexe Sanair, tout comme les policiers de Québec, a mentionné le maire St-Pierre. Le règlement précise qu’à compter de maintenant, les activités de véhicules d’urgence avec sirène ne pourront se dérouler en d’autres temps que du lundi au jeudi de 10 h à 12 h et de 14 h à 16 h.

« Totalement illégal »

Le propriétaire du complexe Sanair, Jacques Guertin, n’a pas mâché ses mots pour exprimer son mécontentement face à l’initiative de la Ville de Saint-Pie. « Ce règlement est totalement illégal, complètement stupide et il est en instance d’être contesté en cour. J’ai sept ou huit clients qui perdent de l’argent à cause de ça et qui sont très fâchés. Il y en a un parmi eux qui va poursuivre la Ville. Ils veulent même nous empêcher de fonctionner la fin de semaine, quand il y a du monde », a-t-il lancé lorsque joint par LE COURRIER.

M. Guertin soutient qu’aucune ville n’a le droit d’adopter un règlement dans le but de s’en prendre à une seule entreprise, c’est-à-dire Sanair dans ce cas-ci.

Il rappelle qu’il a commencé à aménager son site pour la course automobile bien avant l’arrivée de ceux qui se plaignent de Sanair aujourd’hui. « Ce sont toujours les mêmes : le camping et les glissades d’eau. Mais quand j’ai commencé à me bâtir ici, en 1969, ils n’étaient pas là. Quand la piste d’accélération a été inaugurée, le 21 juin 1970, la route 235 n’était même pas faite encore », fait-il valoir.

Il déplore que la Ville ait décidé d’agir alors que, affirme-t-il, il était sur le point de tout régler avec le maire. « Je me suis toujours bien entendu avec Mario St-Pierre, mais malheureusement, il y a trois “pédales à break” sur son conseil. »

M. Guertin soutient que des progrès ont été réalisés avec ses clients sur la question du bruit, notamment avec l’interdiction des bolides « straight pipe » . « Le stock-kart, c’était un petit peu fort, mais j’ai commencé à modifier ça avec un client. »

Dans le nouveau règlement de Saint-Pie, il est aussi mentionné que « tout véhicule automobile utilisé dans le cadre d’une activité de course automobile doit être muni d’un silencieux fonctionnel ». L’avenir dira si le règlement en question pourra tenir la route. 

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