24 septembre 2020
Odeurs
Sanimax mise à l’amende
Par: Rémi Léonard

Les installations de Sanimax à Sainte-Rosalie sont situées sur le boulevard Laurier Est, près de l’intersection avec le 4e Rang, où se trouve une douzaine de maisons. Un autre secteur résidentiel plus important est également situé plus à l’ouest. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Incommodés par des odeurs de plus en plus fréquentes provenant des installations de Sanimax à Sainte-Rosalie, deux citoyens habitant sur le 4e Rang sont venus devant les élus au début du mois de septembre pour exprimer leur exaspération.

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Le maire Claude Corbeil et le conseiller du secteur concerné, Donald Côté, avaient tout de suite reconnu le caractère « intenable » de la situation. « La balle est dans notre camp. Il faut faire quelque chose », avait même promis M. Côté aux citoyens présents.

Deux semaines plus tard, soit ce lundi, la Ville annonçait par communiqué l’imposition d’une amende de 1000 $ à l’entreprise, la deuxième en quelques mois, en raison de la fréquence des « odeurs nauséabondes générées ». Une rencontre avait déjà eu lieu l’an dernier avec les dirigeants de l’entreprise, qui s’étaient montrés ouverts à collaborer pour améliorer la situation. « Cependant, il faut que ces engagements se traduisent par des résultats concrets. Pour l’instant, ce n’est pas le cas », a déploré en séance ce lundi le maire Corbeil pour expliquer le recours à l’amende. Oeuvrant notamment dans la récupération de sous-produits animaux, Sanimax reçoit par exemple des carcasses provenant des fermes de la région à ses installations de Sainte-Rosalie.

L’un des citoyens du secteur, André Lussier, avait témoigné devant les élus que les épisodes d’odeurs sont passés d’occasionnels (trois à cinq fois par année) à très fréquents (trois à quatre fois par semaine) au cours des dernières années. Sanimax a promis « plein de belles choses qui ne sont pas arrivées », a-t-il également soutenu, visiblement exaspéré, ajoutant qu’au moins une douzaine de résidences sont affectées.

René Bilodeau, propriétaire de l’entreprise Moto-Expert et résidant de ce secteur depuis 31 ans, a rapporté les mêmes désagréments, annonçant même qu’il ne « pense pas renouveler le bail » de son local tellement la situation est pénible.

Contacté par LE COURRIER, l’un des dirigeants de Sanimax a assuré que des mesures ont pourtant été prises pour tenter de corriger la situation et que les efforts en ce sens allaient également se poursuivre. « On ne prend pas la situation à la légère. C’est une priorité chez nous », a commenté Alexandre Racette, directeur général de la division transport pour l’Amérique du Nord chez Sanimax.

Invité à donner des exemples, il a spécifié que l’entreprise a notamment mis en place un deuxième service de ramassage pour éviter que la matière ne se dégrade trop lorsque c’est nécessaire. Les heures d’arrivage des camions ont aussi été ajustées pour tenter d’accommoder le voisinage et les employés ont été sensibilisés à la situation, a-t-il énuméré. Des solutions technologiques sont aussi envisagées, comme l’utilisation d’un neutralisant d’odeur sous forme de bruine.

Se référant à la précédente rencontre tenue avec la Ville, Alexandre Racette a assuré que toutes ces démarches font partie du « plan d’action » qui a été convenu dans l’optique de limiter les nuisances pour le voisinage. Questionné sur l’augmentation de la fréquence des épisodes d’odeurs cet été, M. Racette affirme que c’est simplement en raison des canicules observées.

Au regard des amendes imposées, le maire Corbeil a lui-même reconnu que « l’imposition de constats permet d’exercer une certaine pression », mais que ce n’est toutefois « pas suffisant ». La Ville compte ainsi procéder à une nouvelle rencontre avec les dirigeants de Sanimax. « Les entreprises ont le devoir de se comporter en bon citoyen corporatif », a affirmé M. Corbeil dans son allocution.

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