13 juin 2013
Sarah préfère la course : un certain charme
Par: Le Courrier
Dans <em>Sarah préfère la course</em>, Sophie Desmarais livre une solide et touchante performance qui donne au film tout son charme.

Dans Sarah préfère la course, Sophie Desmarais livre une solide et touchante performance qui donne au film tout son charme.

Pour son premier long métrage Sarah préfère la course, la scénariste et réalisatrice Chloé Robichaud est sortie des sentiers battus. Rien à voir avec les drames sportifs réalisés jusqu’à maintenant, le film qui a été présenté dans le cadre du Festival de Cannes a de quoi faire tourner les têtes et s’attirer les honneurs. Mais il n’aura peut-être pas l’appui de tous les spectateurs au fil d’arrivée.

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En salle depuis vendredi, Sarah préfère la course pose un second regard sur le sport, mais surtout sur l’athlète. Sarah (Sophie Desmarais), une jeune athlète, voit sa vie basculer lorsqu’elle accepte de courir pour un club d’athlétisme universitaire de Montréal. Avec son ami Antoine (Jean-Sébastien Courchesne), elle aménage dans la métropole et épouse ce dernier pour toucher des prêts et bourse. Mais elle sera vite exposée aux conséquences et aux sacrifices engendrés par son rêve de la compétition.

Contrairement aux autres drames sportifs, Sarah préfère la course ne repose sur aucune morale. On n’y fait pas l’éloge du sport. Il s’agit simplement d’un film sur le rêve de la compétition et les sacrifices à faire pour l’atteindre. Bref, on éloigne tous les clichés.Le personnage principal n’a d’ailleurs rien de flamboyant. Timide, introvertie et mal dans sa peau, Sarah est une fille banale qui mène une vie ennuyante pour une fille de 20 ans. Mais elle est un personnage comme il s’en voit rarement. Et c’est là que reposent la force et le charme du film. Simple, introvertie, mais touchante l’oeuvre de Chloé Robichaud se définit par son personnage principal parce qu’elle n’existe que par lui. Raison d’ailleurs pour laquelle la solide performance de Sophie Desmarais n’est pas à négliger. Le bémol est que tout le monde n’adhérera peut-être pas. Parce que Sarah préfère la course demeure sans grande intrigue. Parfois quasi autistique, le film se détache de tous éléments extérieurs pour se concentrer uniquement sur les émotions d’un personnage qui d’ailleurs est incapable de s’extérioriser. Ce qui peut être perçu comme des longueurs. Néanmoins, ce film de Chloé Robichaud mérite d’être vu. Ne serait-ce que pour son originalité, son intelligence, sa fragilité et sa finesse.

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