24 mai 2012
Satisfaction et déception
Par: Martin Bourassa

L’actualité économique nous a réservé une bonne et une mauvaise nouvelle au cours des derniers jours. Commençons par la bonne.

L’actualité économique nous a réservé une bonne et une mauvaise nouvelle au cours des derniers jours. Commençons par la bonne.

Il faut classer dans la catégorie des bonnes nouvelles le rachat par des intérêts locaux du Groupe Lacasse à Saint-Pie. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que le retour de la famille Lacasse est de nature à consolider les affaires du manufacturier de mobilier de bureau au Québec et dans la région.J’ai bon espoir que la famille Lacasse et leur partenaire, Sylvain Garneau, parviendront à faire prospérer l’entreprise rapidement compte tenu de leur expertise respective.Après 12 ans passés sous la gouverne de l’Américaine Haworth, je suis soulagé de la savoir de retour entre les mains d’investisseurs et de décideurs locaux. La crainte de voir ce fleuron de l’industrie du meuble québécois être sacrifié dans une vague de consolidations dictée des États-Unis vient du coup de se dissiper.Bon, cette transaction ne garantit pas pour autant la pérennité de l’entreprise, mais elle permet à tout le moins à des décideurs de chez nous d’être en parfait contrôle de sa destinée et de pouvoir apporter les correctifs qui s’imposent rapidement.Il faut aussi saluer l’ouverture manifestée par les anciens propriétaires du Groupe Lacasse. On comprend par les commentaires tenus par les nouveaux dirigeants que la direction de Haworth a eu une attitude facilitante lors des négociations. Son soutien permettra également d’opérer une transition en douceur. C’est tout à l’honneur des gens de Haworth. Rien ne les obligeait à vendre l’usine. Ils auraient tout simplement pu la fermer, rapatrier les meilleurs équipements aux États-Unis et vendre les actifs au plus offrant. Heureusement, ils ont choisi l’option la plus intéressante pour nous.Toutes les entreprises étrangères n’ont pas cette sensibilité.La mauvaise nouvelle maintenant. Disons que le yogourt Yoplait a un goût amer dans la bouche des Maskoutains depuis qu’on a appris le renouvellement de l’entente liant Yoplait et l’entreprise Aliments Ultima (Agropur) de Granby. La nouvelle a eu l’effet d’une véritable douche froide chez nous, tellement on croyait imminente l’arrivée de Yoplait, qui opère déjà l’usine Liberté à Saint-Hyacinthe. Disons que personne au CLD des Maskoutains n’a vu venir la reconduction pour six ans de l’entente liant Yoplait et Ultima. D’autant plus que cette entente permettra désormais à Ultima de fabriquer et de commercialiser son propre yogourt, en plus de fabriquer celui de son concurrent. J’ai du mal à m’expliquer quel avantage y trouve Yoplait.Cela dit, les Maskoutains ont tout de même droit à un prix de consolation.Il commence d’ailleurs à prendre forme sur le boulevard Choquette où l’agrandissement de l’usine Liberté va bon train. Un investissement de 13 M$, on ne crachera pas là dessus. Ça aide à avaler la pilule. Mais c’est bien peu comparé à la manne qui aurait pu nous tomber dessus. Meilleure chance dans six ans? On va attendre un peu avant de recommencer à rêver en couleurs.

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