31 mars 2016
Savoir reconnaître l’existence d’un joyau
Par: Le Courrier
Photothèque | Le Courrier ©

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Je ne peux rester sans mots et ne pas me permettre de réagir à la lecture des résultats du sondage paru dans Le ­Courrier le jeudi 24 mars. La question était « Dix ans plus tard, la construction du Centre des arts en valait-elle le coup? ». 452 répondants ont répondu à 73 % « non » et ce résultat m’a glacé le sang.

Je me souviens pourtant avoir lu, en 2014, que le gouvernement français ­rappelait le rôle fondamental de la culture dans l’économie en soulignant que les valeurs ajoutées de ce secteur ­représentent 3,2 % du PIB, soit 7 fois plus que le secteur automobile. Je me souviens aussi que le Conference Board of Canada, quant à lui, estimait que l’impact économique du secteur culturel ­canadien s’élevait, en 2007, à 84 milliards soit 7,4 % du PIB.

En 2015, le ministère de la Culture et des Communications soulignait aussi l’importance économique de la culture et que les retombées liées aux industries de la culture étaient de 12,8 milliards de ­dollars, contribuant ainsi à 4,1 % du ­produit intérieur brut (PIB) du Québec, plaçant ce dernier au premier rang à l’échelle du pays.

Et que dire des retombées directes et indirectes que sont celles du Centre des arts Juliette-Lassonde qui sont ­publiées chaque année dans notre ­rapport annuel?

Je me dis que les répondants ne sont certes pas les milliers d’étudiants qui viennent année après année assister à nos représentations scolaires et qui en ressortent grandis et émerveillés de leurs premiers contacts avec la culture.

Ce ne sont sûrement pas les milliers de Maskoutains qui viennent assister à nos spectacles présentés dans les différentes disciplines telles que le théâtre, la danse, la musique, la chanson, le cirque ou les spectacles de variétés.

Ce ne sont certainement pas les ­centaines de donateurs qui ont contribué financièrement à la construction de ce lieu d’exception, allant même jusqu’à dépasser largement l’objectif de départ pour un total de 2,4 millions de dollars récoltés lors de la campagne de financement auprès des Maskoutains.

Ce ne sont assurément pas les dizaines de commanditaires qui nous appuient ­financièrement tous les ans, et ce, même lorsque l’économie se fait plus difficile. J’en profite d’ailleurs pour les remercier de l’importance qu’ils accordent à la culture en sol maskoutain.

Ce ne sont certainement pas les 54 % de clients qui proviennent de l’extérieur de la MRC des Maskoutains, qui préfèrent venir chez nous plutôt qu’à Montréal, car ils apprécient notre lieu de diffusion, nos restaurants, notre centre-ville, notre ville. Ces mêmes clients qui me disent « Eh, vous êtes chanceux d’avoir une belle salle de spectacles comme ça à Saint-Hyacinthe! ».

Ce ne sont certainement pas les ­centaines d’artistes qui se produisent chaque année au Centre des arts Juliette-Lassonde et qui nous écrivent pour nous dire à quel point ils se sentent choyés quand ils viennent chez nous. Est-ce que Francis Cabrel, Forever Gentlemen ou Éric-Emmanuel Schmitt auraient accepté de venir à Saint-Hyacinthe si nous n’avions eu que l’ITA comme lieu de ­diffusion?

Bref, je ne sais pas qui peut penser que la venue du Centre des arts Juliette-Lassonde n’ait pas été une bonne chose pour notre économie et notre rayonnement.

Je cherche des bonnes raisons pour comprendre ce qui peut motiver une ­personne à répondre « non » à cette question, mais je n’en trouve pas.

J’affirme positivement qu’en tant que directeur général et artistique du Centre des arts Juliette-Lassonde, je considère que les arts et la culture sont des outils précieux pour une communauté et ­demeure convaincu que notre salle de spectacles est un véritable joyau pour la région maskoutaine.

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