15 juin 2017
Campagne de développement résidentiel
Savoir s’entourer
Par: Martin Bourassa
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Obsédé par sa volonté d’accélérer le développement de sa ville et sa volonté d’y compter 60 000 résidants en 2020, le maire Claude Corbeil a lancé sa campagne de développement résidentiel. Essentiellement, elle ne révolutionne rien, même si elle s’attaque à un éternel problème : l’incapacité de la Ville de Saint-Hyacinthe à attirer de nouveaux résidents, à commencer par ceux qui occupent de bons emplois chez nous sans pour autant y habiter. Et ils sont nombreux, croyez-moi. 

Lors de la conférence de presse pour présenter sa stratégie, le maire était entouré de non-résidents. Sur la photo officielle, il était le seul résident de Saint-Hyacinthe, voire même de la MRC des Maskoutains, parmi cinq personnes!

C’est dire l’importance de la démarche… et le malaise qu’elle suscite!

Comment des gens qui n’habitent pas Saint-Hyacinthe pour un paquet de bonnes raisons qui leur appartiennent (conjoint, famille, carrière, etc.) peuvent-ils avoir la crédibilité requise pour vendre et promouvoir cette ville? 

Il faudra plus que miser sur de beaux discours et de larges sourires pour y arriver. C’est justement la faiblesse de cette campagne : elle n’annonce rien de bien neuf sous le soleil pour l’instant.

On a lancé un nouveau site Internet, une page Facebook et une campagne de visibilité pour faire la promotion de nos attraits méconnus, mais on n’a pas encore revu le panier des mesures incitatives comme les controversés crédits de taxes. Le nerf de la guerre.

« Les programmes incitatifs constituent de véritables leviers pour la sélection d’une ville de résidence. Nous avons avantage à revoir les programmes existants et à en créer de nouveaux. Nous travaillons fort pour offrir des leviers uniques », a dit le maire.

Une telle campagne nous apparaît donc prématurée. Il aurait été plus pertinent de convoquer la presse pour présenter une stratégie avec ces éléments distinctifs et concrets au lieu de nous dire qu’on y travaille fort en coulisses. Pour paraphraser l’humoriste Yvon Deschamps : on veut pas le savoir, on veut le voir!

Parlant de voir, le maire Corbeil ira se faire voir, lui qui visitera des entreprises et des institutions d’enseignement, accompagné d’une équipe d’ambassadeurs, dans l’espoir de convaincre des travailleurs et des finissants non résidents, dont ceux de la Faculté de médecine vétérinaire et du Cégep de Saint-Hyacinthe où nombre de dirigeants et d’enseignants boudent la Ville de Saint-Hyacinthe. 

Cette tournée devait d’ailleurs débuter aujourd’hui par une visite aux travailleurs, et petits salariés, des Galeries de Saint-Hyacinthe, avant d’être remise à plus tard.

J’ose croire qu’on vérifiera l’adresse de résidence des ambassadeurs avant de les envoyer à la rencontre des non-résidents et des immigrants qu’on tente d’attirer. 

Question de crédibilité, notre maire devra mieux s’entourer cette fois, car il n’est pas au bout de ses peines.

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