8 juillet 2021
Dyslexique et dysorthographique : il est accepté au doctorat à Toronto
Ses troubles neurologiques ne lui mettent aucune barrière
Par: Eliane Tremblay-Moreau

Lors de sa deuxième participation au Parlement étudiant du Québec, Hugo était le porteur du budget. Il y a investi plus 200 heures de travail ardu. Photo gracieuseté

Dyslexique et dysorthographique, le Maskoutain Hugo Cordeau a été accepté au doctorat en sciences économiques à l’Université de Toronto sans même avoir à effectuer de maîtrise. Un exploit qui s’explique par l’excellence de son dossier académique et qui marque l’aboutissement d’un parcours scolaire ponctué d’embûches.
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Ce dernier a été très surpris d’avoir été accepté dans une université aussi contingentée. « C’est complètement fou, c’est agréable d’être choisi quand on sait qu’il y a énormément de compétition. » Cette admission n’est pas arrivée pour rien. Un encadrement scolaire particulier a pu être effectué tôt puisque ses troubles neurologiques ont été diagnostiqués dès le primaire. Ses importantes difficultés à comprendre et à communiquer l’information ont grandement nui à son apprentissage scolaire. « Mes parents m’ont, entre autres, changé d’école pour que j’aie des cours plus adaptés. J’ai eu des cours privés à la maison, j’ai suivi des cours d’été, je suis allé voir une orthopédagogue et mes parents m’ont beaucoup encadré », mentionne-t-il.

Le jeune homme a aussi un parcours social remarquable. Il aime s’impliquer dans la communauté. Il a notamment été administrateur et président dans des comités. Il a même déjà organisé un événement en lien avec sa passion pour le sport. « J’ai organisé une nuit sportive afin de créer des liens tout en faisant du sport », ajoute-t-il.

Sa détermination et son dépassement de soi ont même été récompensés au cégep par une médaille du Lieutenant gouverneur et par une mention d’honneur lors de son baccalauréat en économie à l’Université de Montréal. « Je suis conscient que j’ai un trouble, mais je ne l’ai jamais utilisé comme excuse », indique Hugo Cordeau, qui vit comme s’il n’avait pas cette barrière.

Une bonne nouvelle qui ne vient pas seule

De plus, le futur doctorant a appris que le Fonds de recherche Société et culture l’aidera à financer ses études doctorales. Cet organisme supporte financièrement les étudiants qui ont de bonnes compétences pour poursuivre leurs études supérieures. Hugo a dû lui exposer son parcours, puis soumettre trois lettres de recommandation et un projet de recherche. L’étudiant sera subventionné à la hauteur de 84 000 $ sur quatre ans.

Une mère fière

Sa mère, Sylvie Gosselin, n’aurait jamais pensé que son fils, qui avait de la difficulté à lire et à écrire, se rendrait au doctorat. « Tout cela est arrivé grâce à sa persévérance, à sa confiance et à son engagement social et environnemental! Mon fils me surprendra toujours! », souligne-t-elle.

Un exemple à suivre

Son parcours remarquable est un exemple à suivre pour ceux qui sont confrontés aux mêmes enjeux scolaires que lui. Hugo Cordeau partage d’ailleurs un message aux personnes en situation de handicap. « Ce n’est pas parce que les autres ne vous croient pas capable d’une chose que vous ne l’êtes pas. Mettons fin à ce déterminisme social et prouvons-leur l’inverse », conclut-il.

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