5 mars 2015
Héros du jeudi
Simon Godin
Par: Maxime Prévost Durand
Photo François Larivière | Le Courrier ©

Photo François Larivière | Le Courrier ©

Simon Godin file à toute allure sur ses patins. Tellement qu’il a battu un record des Jeux du Canada sur la ­distance de 500 m et s’est approché à des poussières de secondes du record junior canadien. Ses performances à ce grand rendez-vous canadien, où il a récolté trois médailles d’or et une d’argent, le placent parmi les patineurs de la ­relève les plus prometteurs au pays.

Que représentent ces médailles des Jeux du Canada?

C’est la fin de beaucoup d’efforts. Ça a été une belle saison pour moi et les Jeux du Canada, c’était l’une de mes plus grosses compétitions. D’avoir réussi à bien performer, c’est le plus beau cadeau pour moi. Je savais que je pouvais bien faire, mais je n’aurais jamais pensé pouvoir faire aussi bien que ça.

Le plus valorisant à tes yeux : les médailles d’or ou le record?

Le record. Je regarde les patineurs qui étaient là il y a quatre ans et ce sont des gars que je considère comme très bons. Je vois que je suis rendu à ce même niveau. La plupart des grands noms du patinage de vitesse courte piste ont déjà participé aux Jeux du Canada. Charles Hamelin a déjà fait les Jeux du Canada et j’ai battu son temps au même âge que moi, donc je vois que je suis sur une bonne voie.

La fin de course en finale du 500 m était ­époustouflante. Décris-moi de quelle façon tu l’as vécue.

La fin de cette course a commencé par une erreur. Je suis parti avec une grosse avance sur les autres, mais j’ai raté une fin de virage et je suis presque tombé. Ça a permis aux trois autres de me rattraper. Généralement, j’aurais dû perdre à cause de ça. Mais j’ai été capable, sans trop savoir comment, de reprendre de la vitesse dans mon dernier demi-tour et j’ai réussi l’un des meilleurs « finish » de ma vie.

Le Québec a tout raflé en courte piste (des ­triplés sur toutes les distances). Est-ce que vous vous attendiez à une telle domination?

On s’attendait à être dominant, oui. Aussi dominant, non. On savait qu’on avait la capacité de pas mal tout gagner, mais on est habitué qu’il arrive toujours quelque chose en course qui fait en sorte que quelqu’un est incapable de ­passer à la ronde suivante.

Tu t’entraînes avec Marc ­Gagnon depuis deux années. C’est comment de travailler avec un médaillé olympique?

C’est un excellent entraîneur. Il m’a apporté des qualités techniques. Cette année, je me suis vraiment amélioré. C’est pour cette raison que je suis capable d’aller aussi vite sans perdre l’équilibre à chaque demi-tour. Le but de Marc Gagnon cette année est de nous rapprocher de la charge d’entraînement de l’équipe nationale. On va devenir ­beaucoup plus forts et éventuellement on va être capables de les suivre davantage.

Tu as participé au Championnat canadien ­senior en janvier et tu t’es mesuré à Charle Cournoyer et Olivier Jean notamment. ­Comment compares-tu ton niveau actuel à ­celui d’athlètes comme eux qui ont participé aux Jeux olympiques?

Il y a une différence, c’est sûr, mais je suis capable de ­rivaliser contre ces gars-là. Je ne suis pas à la traîne par un demi-tour incapable de faire quoi que ce soit. La plus grosse différence, c’est que si je fais une toute petite erreur, je me fais lâcher. Je n’ai aucune marge de manoeuvre quand je me mesure à ces gars-là. La seule façon pour moi de faire une belle course contre eux, c’est de ne faire aucune erreur.

L’an dernier, tes performances au Championnat canadien junior n’avaient pas été celles espérées avec une 15e place. Ta 6e place au ­cumulatif cette année te satisfait-elle?

Oui c’est certain. À la dernière course du Championnat canadien junior, on ne savait pas qui allait obtenir son billet pour le Championnat du monde junior. Les six premiers pouvaient atteindre le top 3 (les trois meilleurs patineurs se qualifiaient pour l’épreuve mondiale), donc tout s’est joué à la dernière course de 1 500 m. Je me suis senti dans la « game » jusqu’au bout. Finalement, ça n’a pas fonctionné cette fois-ci, mais je suis content de ma performance. L’an dernier ça n’avait vraiment pas bien été.

Ta distance préférée?

En ce moment, je n’ai pas le choix de répondre le 500 m (rires). Mais j’aime toutes les distances. Dans le 500 m, on va chercher des vitesses qu’on n’atteint pas dans les autres courses, mais les autres distances demandent des qualités tactiques très intéressantes.

Ton frère a pris sa retraite avant le début de la saison. Y avait-il une pression reliée à la comparaison lorsque vous étiez tous les deux sur le circuit?

Une pression, non. C’est mon grand frère, il a deux ans de plus que moi. Il était encore meilleur que moi lorsqu’il a ­arrêté. On se suivait beaucoup dans notre progression. ­Depuis qu’il a arrêté, ça me manque de m’entraîner avec lui. Heureusement, il est encore dans le monde du patin et il commente mes courses. C’est la personne qui peut me dire le plus franchement mes erreurs. Mon 500 m que j’ai gagné aux Jeux du Canada, il est le seul à avoir relevé mon erreur dans le dernier tour.

À quoi ressemble le reste de ta saison?

Il reste les sélections nationales à la mi-mars à Calgary, une compétition très importante pour le classement de l’équipe nationale. Je ne crois pas pouvoir faire partie de l’équipe ­nationale, mais je veux m’en approcher suffisamment pour pouvoir m’entraîner avec elle régulièrement l’an prochain.

image