12 novembre 2020
Simon Senlys : trouver son univers
Par: Maxime Prévost Durand

Avec son plus récent EP, Amour désordre, l’auteur-compositeur-interprète maskoutain Simon Senlys a solidifié son univers musical, où sa prose se mêle aux sonorités urbaines. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

À travers sa musique, Simon Senlys a toujours accordé une grande importance aux mots, amoureux de la poésie qu’il est. Après un premier album, Bouquet de néant, porté surtout par les textes, le Maskoutain a cherché un plus grand équilibre entre sa prose et les mélodies pour son plus récent EP, Amour désordre, sur lequel il a solidifié son univers musical.

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Paru en début d’année, ce mini-album produit par Chase.wav et Jay Century a amené le trentenaire à explorer davantage les sonorités urbaines, puisées dans ses influences rap, qu’il a imbriquées à ce qu’il qualifie comme de la « pop-poésie ».

« Mon premier album n’a pas tant marché, avoue l’artiste, dont la musique est diffusée de façon indépendante. Ça m’a fait me questionner sur l’esthétique musicale. Je me suis repositionné avec mon son et ça a donné quelque chose de plus homogène et cohérent, plus caractérisé à Simon Senlys. Avec le EP, je vois une appréciation plus forte des gens. Je travaille même déjà sur un autre album. J’ai trouvé mon univers et, maintenant, je peux l’exploiter à fond. »

Pour accompagner Amour désordre, un vidéoclip de la pièce-titre a été dévoilé dans les dernières semaines, montrant une esthétique visuelle soignée grâce aux images de David Goulet, qui signe la réalisation, le motion design, le montage et la direction photo.

« Je crois que c’est la pièce dont l’univers est le plus marquant sur le EP et je voulais la mettre en image. C’est contrasté en noir et blanc. Ça évoque plein de choses, mais principalement, ça évoque la mort », explique Simon Senlys.

Avec sa musique, l’auteur-compositeur-interprète se plait surtout à parler d’amour. « C’est un thème qui revient dans pas mal toutes les chansons, mais sous des formes différentes », précise-t-il. Il est question du regard que l’on pose sur soi et sur l’autre, mais aussi des différentes formes d’abus qui peuvent être vécus dans une relation.

De l’arrière à l’avant de la scène

Simon Senlys a mis plusieurs années avant de lancer son projet solo. C’est d’abord comme batteur pour différents artistes qu’il a fait ses premiers pas sur la scène musicale underground montréalaise.

Détenteur d’une formation en batterie jazz, il avait commencé à jouer de cet instrument plus sérieusement au début de l’adolescence, vers l’âge de 13 ans, en suivant des cours à l’école de musique Victor Martin, se souvient-il.

« À l’école, je me suis rendu compte que j’aimais aussi l’écriture. Je le savais déjà, mais j’avais mis ça de côté », mentionne celui qui a été marqué par la plume des Vigneault, Miron et Nelligan.

Il se savait aussi capable de chanter, même s’il n’avait jamais vraiment exploité ce côté de lui. « Le fait de l’assumer est arrivé plus tard, de me dire que je ne suis pas juste un batteur. »

Peu à peu, il a délaissé les opportunités à la batterie pour laisser toute la place à l’auteur-compositeur-interprète. Quelques années plus tard, il a un album et un EP en poche, en plus d’avoir acquis plusieurs expériences en tentant sa chance dans des concours d’envergure, comme le Festival international de la chanson de Granby et les Francouvertes.

Aujourd’hui installé à Saint-Charles-sur-Richelieu, après quelques années à Montréal, Simon Senlys poursuit un doctorat en ethnomusicologie à l’Université de Montréal, où il est également chargé de cours, tout en travaillant sur sa musique. Même si les portes auxquelles il a cogné pour l’instant ne lui ont pas été ouvertes, il pousse toujours plus fort pour faire sa place dans le paysage musical québécois, même si cela signifie de continuer d’avancer seul encore un peu.

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