1 mars 2012
Les ruraux privés de téléphone?
Solidarité rurale invite le CRTC à faire marche arrière
Par: Le Courrier

En marge d’une conférence de presse donnée par l’Association des compagnies de téléphone du Québec, sur la décision 2011-291 du CRTC, Solidarité rurale du Québec réclame l’adoption d’une politique canadienne de la ruralité. La décision du CRTC est en effet la dernière en lice d’une longue série qui a eu des répercussions catastrophiques sur les milieux ruraux. Solidarité rurale du Québec presse donc le gouvernement d’agir, et le CRTC de revenir sur sa décision.

publicité

« Pour qui le CRTC travaille-t-il? Où est l’intérêt du citoyen et de l’État dans cette décision du CRTC comme dans d’autres décisions prises par le passé? », demande Claire Bolduc, présidente de Solidarité rurale du Québec.

« À voir la liste des décisions qu’il a rendues dans les dernières années, la question s’impose d’elle-même. Il a refusé de réglementer la desserte Internet et cellulaire, laissant entre les mains des seules compagnies privées le soin de décider qui aurait ou non accès à ces services vitaux, avec les conséquences désastreuses que l’on sait sur nos milieux ruraux, conséquences que les contribuables doivent maintenant payer à grand renfort de subventions pour brancher le Québec. Le CRTC a abdiqué ses responsabilités au profit de la loi du marché. Au jourd’hui, une fois de plus, il brise une règle d’or en pavant la voie aux câblodistributeurs dans leur volonté d’augmenter leurs profits sans les astreindre aux mêmes contraintes que les compagnies de téléphone traditionnelles, à savoir l’obligation de desservir l’ensemble des citoyens d’un territoire. Ces décisions successives démontrent une absence totale de vision en ce qui concerne le territoire rural québécois et canadien. Le CRTC doit faire marche arrière dans ce dossier et il doit réfléchir impérativement à la desserte des territoires ruraux en matière de télécommunications. »

Urgence pour une politique canadienne de la ruralité

Solidarité rurale du Qué bec, qui a été étroitement associée à l’adoption des deux politiques nationales de la ruralité et à l’élaboration du projet de loi sur l’occupation et la vitalité du territoire, au Québec, souhaite que le monde politique canadien se penche à son tour sur sa ruralité et prenne les moyens qui s’imposent pour qu’une vision claire se dessine, et que l’ensemble de l’appareil d’État y souscrive.

« La ruralité, c’est une richesse inestimable pour le Canada. Aucun gouvernement ne peut faire abstraction de cette partie du territoire canadien. Il doit donc se doter d’une vision constructive pour ce territoire, agir et propulser cette vision en avant, en faire un énoncé incontournable pour l’appareil d’État. Une politique fédérale de la ruralité est devenue incontournable. Tant vaut le village, tant vaut le pays. Au gouvernement fédéral de bien comprendre son pays. Il est urgent d’agir », conclut Mme Bolduc. -30-

image