3 octobre 2019
Décès de l’ancien président français Jacques Chirac
Son chien Maskou nommé en l’honneur des Maskoutains
Par: Jean-Luc Lorry

En 1987, le jeune Labrador Maskou avait fait le voyage jusqu’à Paris pour être remis à Jacques Chirac qui occupait alors les fonctions de premier ministre de la France et maire de Paris. Sur la photo, de gauche à droite, Jean-Louis Roy, délégué général du Québec à Paris; Jacques Chirac; Marie Laforêt, chanteuse et actrice française et marraine de Maskou; le Dr André Dallaire, vice-doyen de la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe; et Charles Messier, député de Saint-Hyacinthe. Photo Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe - Crédit Jean-Bernard Porée

L’ancien président de la France, Jacques Chirac, décédé récemment à l’âge de 86 ans, a eu à ses côtés pendant 11 ans un compagnon à quatre pattes qui répondait au nom de Maskou, en l’honneur des Maskoutains.

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Selon nos archives, en janvier 1987, un chiot Labrador de couleur noire devait être remis à M. Chirac, dans le cadre des festivités pour le centenaire de la fondation de l’École vétérinaire française de Montréal. À cette époque, Jacques Chirac cumulait les fonctions de premier ministre de la France et de maire de Paris.

Retenu dans la capitale française, Jacques Chirac avait dû annuler cette visite en sol québécois. Ce jeune labrador qui devait être offert au nom de la population de Saint-Hyacinthe et en collaboration avec la Faculté de médecine vétérinaire avait alors grimpé dans un l’avion pour être offert à son futur propriétaire.

Vétérinaire à Montréal, le Dr François Lubrina, un Français installé au Québec depuis plusieurs années, est à l’origine de ce cadeau canin à celui qui marquera l’histoire de la politique française en occupant les fonctions de président pendant 14 ans.

« En 1987, je suis allé à l’hôtel de ville de Paris [accompagné de personnalités] pour offrir ce chien à Jacques Chirac. Je me souviens qu’il était très heureux de recevoir ce labrador », raconte en entrevue au COURRIER le Dr Lubrina qui a étudié à la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe.

Le député de Saint-Hyacinthe Charles Messier était de ce voyage à Paris, comme le Dr André Dallaire, vice-doyen de la Faculté de médecine vétérinaire. « M. Chirac s’est montré très touché par ce geste et il s’est empressé de laisser gambader Maskou sur le gazon des jardins de l’hôtel de ville », avait décrit Charles Messier dans nos colonnes à l’époque.

Selon ce dernier, le premier ministre français avait profité de l’occasion pour saluer tous les Québécois et particulièrement les Maskoutains, à qui il avait promis de rendre visite, accompagné de Maskou en septembre 1987.

Ce chien qui comptera beaucoup pour Jacques Chirac avait comme marraine la chanteuse et actrice française Marie Laforêt et comme parrain, l’animateur de télévision Michel Drucker.

En septembre 1987, Jacques Chirac était venu au Québec accompagné de son labrador pour assister au second Sommet de la Francophonie qui se déroulait dans la ville de Québec. L’arrêt à Saint-Hyacinthe n’a jamais eu lieu.

Enterré à l’Élysée

Étant très attaché à son chien Maskou, Jacques Chirac, devenu président de la France en mai 1995, avait contourné le protocole lors de la mort de Maskou en décembre 1998 en exigeant que le labrador soit enterré dans le parc du palais de l’Élysée.

« Le président Chirac m’avait appelé pour m’annoncer le décès de Maskou. Personne ne sait, à l’exception de quelques jardiniers, que le chien repose au pied d’un arbre dans le parc de l’Élysée », indique François Lubrina.

Depuis, de Georges Pompidou jusqu’à Emmanuel Macron, les labradors se suivent comme fidèles compagnons des présidents de la République française.

Dans cette succession de chiens au palais de l’Élysée, François Lubrina a apporté sa contribution en remettant une femelle labrador de couleur sable à l’ancien président Nicolas Sarkozy et une autre femelle labrador de couleur noire à l’ex-chef de l’État français François Hollande.

« Dans le système français, c’est essentiel qu’un président ait un chien. Cela représente une opération diplomatique de premier plan. Robert Bourassa [premier ministre du Québec à deux reprises] n’a jamais compris cet attachement des présidents français pour les chiens », de conclure le Dr Lubrina.

Avec la collaboration de Rémi Léonard.

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