22 mars 2018
Passage à niveau Grand Rang
Son démantèlement créera deux culs-de-sac
Par: Jean-Luc Lorry
Le démantèlement du passage à niveau situé sur le Grand Rang à la jonction des secteurs Douville et Saint-Thomas-d’Aquin devrait compliquer l’accès à l’autoroute 20.   Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le démantèlement du passage à niveau situé sur le Grand Rang à la jonction des secteurs Douville et Saint-Thomas-d’Aquin devrait compliquer l’accès à l’autoroute 20. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le démantèlement du passage à niveau situé sur le Grand Rang, à la jonction des secteurs Douville et Saint-Thomas-d’Aquin, aura pour impact la création de deux culs-de-sac sur cette artère fortement achalandée menant à l’autoroute 20.

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L’élimination de ce croisement du Grand Rang et de la voie ferrée s’inscrit dans le cadre des travaux de construction du futur étagement ferroviaire. Ce tunnel permettra de terminer la voie de contournement de la Ville que représente le boulevard Casavant.

Si l’on se fie à l’échéancier rendu public, le démantèlement du passage à niveau devrait coïncider avec la fin des travaux prévue pour le mois de novembre 2019.

En octobre 2012, la Ville avait distribué à la population une brochure descriptive des deux options qui étaient alors celles du tunnel ou du passage à niveau.

Il était précisé dans ce document que la construction d’un passage à niveau ou d’un tunnel obligerait le démantèlement du passage à niveau du Grand Rang.

Projet sensible

À l’automne 2012, lors de la troisième et dernière séance d’information organisée par la Ville sur le dossier de la traverse de la voie ferrée du boulevard Casavant Ouest, le retrait futur du passage à niveau du Grand Rang avait provoqué des vagues.

L’UPA, qui préférait l’option tunnel, avait rejeté l’idée de transformer le Grand Rang en deux voies sans issue.
« Pour l’UPA, le tunnel est beaucoup plus avantageux et nécessitera l’utilisation de moins de terres agricoles. Mais vous devez garder le passage à niveau du Grand Rang dans l’intérêt des agriculteurs », avait déclaré André Mousseau, président du syndicat de L’UPA de la Vallée Maskoutaine.

Présent à la même rencontre, Jeannot Caron, aujourd’hui conseiller municipal, estimait que ce démantèlement serait une erreur. Le promoteur immobilier Jonathan Robin était lui aussi favorable au maintien de la traverse du Grand Rang. Il se disait alors défavorable à l’idée d’un grand détour vers le nord pour rejoindre l’autoroute 20.

Le retrait du passage à niveau ne faciliterait pas les choses aux étudiants qui se rendent au Cégep de Saint-Hyacinthe. Précisons que l’aménagement à partir du boulevard Casavant d’une seconde voie d’accès à l’établissement d’enseignement supérieur est prévu pour l’été 2020.

Décision du CN ou de la Ville?

Début mars, le porte-parole du Canadien National, Jonathan Abecassis, nous a confirmé dans un courriel que « le démantèlement du passage à niveau est une décision relevant de la Ville de Saint-Hyacinthe ».

Cette affirmation a été démentie par le maire Claude Corbeil et le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau. En entrevue au COURRIER, tous deux ont soutenu que le démantèlement était une condition exigée par le CN afin que le projet de l’échangeur Casavant se concrétise.

Les représentants de la Ville ont ajouté que des considérations de sécurité, vu l’angle formé par la voie ferrée et la route, motivaient le CN dans sa décision d’abolir le passage. Selon eux, la configuration de l’avenue Pinard depuis l’ajout de feux de circulation à l’intersection avec le boulevard Choquette devrait assurer une fluidité dans le secteur malgré la perte de l’option Grand Rang.

Lors d’un récent échange de courriels avec le CN, son porte-parole a évoqué l’existence d’une entente avec la Ville. « Une entreprise ferroviaire ne peut, en aucun cas, fermer définitivement un passage à niveau sans une entente avec l’autorité routière compétente. Nous sommes à finaliser cette entente avec la municipalité », a précisé M. Abecassis.

Pour éviter un important détour pour les automobilistes provenant de l’autoroute Jean-Lesage et pour ceux quittant le secteur Douville, la Ville a dans ses cartons un projet de prolongement de la rue Charles-Gilbert, située dans le parc industriel Olivier-Chalifoux.

Le prolongement de cette voie vers l’avenue Pinard éliminerait l’obligation de traverser le parc industriel et permettrait d’atteindre plus rapidement l’échangeur autoroutier.

Avant d’aller de l’avant avec ce projet, la Ville doit préalablement obtenir l’autorisation auprès de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) de dézoner cette section de terrain qui lui appartient et qu’elle loue à un cultivateur.

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