8 septembre 2016
Aucune subvention pour le centre de congrès
Soucy et Sansoucy ne sont pas vraiment surprises
Par: Jean-Luc Lorry
La députée de Saint-Hyacinthe-Bagot, Brigitte Sansoucy. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

La députée de Saint-Hyacinthe-Bagot, Brigitte Sansoucy. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Ayant dû se résoudre à jouer les seconds violons dans la demande de subvention du futur centre de congrès, la députée provinciale de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy et son homologue fédérale, Brigitte Sansoucy ne semblent pas étonnées outre mesure du dénouement négatif du dossier.

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Depuis plusieurs mois, la Ville de Saint-Hyacinthe multipliait les démarches auprès des deux paliers gouvernementaux pour obtenir une contribution financière afin d’alléger le coût des travaux de construction qui était estimé dernièrement à plus de 32 M$.

Les autorités municipales avaient même invité les citoyens à signer une pétition en ligne qui visait « à démontrer à quel point la communauté est mobilisée en faveur du projet ».

Fin juillet, la Ville avait fait volte-face en reportant d’un mois l’octroi du contrat de construction du centre de congrès pour se donner une dernière chance de se qualifier pour une subvention.

La municipalité misait cette fois sur la nouvelle catégorie Infrastructures de tourisme du volet Fonds des petites collectivités du programme Chantiers Canada-Québec, un fonds qui ne s’adressait pas spécifiquement aux projets de centre de congrès.

Aux yeux de la députée caquiste, Chantal Soucy, ce dossier était une affaire classée depuis longtemps.

« Au fil des mois, mon discours n’a jamais changé. J’ai toujours dit qu’il n’existait aucun programme de subvention au Québec pour un centre de congrès. Mon équipe avait fait valider la non-admissibilité du projet de Saint-Hyacinthe à Québec et à Ottawa », indique Chantal Soucy, en entrevue au COURRIER.

« Pour moi, la réponse était claire depuis longtemps. Pas de programme, pas d’argent. Quand il n’existe pas de programme, il est difficile d’agiter une baguette magique et d’en faire apparaitre un », poursuit-elle.

Chantal Soucy tient à rappeler que lors d’un dîner Terre d’innovation organisé en avril 2015 par la chambre de commerce locale, l’invité d’honneur, Jean-Denis Girard, qui était alors ministre délégué des PME et du Développement économique régional, avait mentionné que les centres de congrès n’étaient pas des infrastructures rentables.

« J’aurais été contente pour les contribuables maskoutains que notre centre de congrès soit admissible au programme Chantiers Canada-Québec puisqu’au bout du compte ce sont eux qui vont payer cette infrastructure. »

Cavalier seul

En vue d’obtenir une subvention, le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, avait décidé de faire cavalier seul en négociant directement avec deux politiciens proches du pouvoir.

À Québec, l’interlocutrice du maire Corbeil était la députée de Laporte, Nicole Ménard, également députée marraine du comté et présidente du caucus du gouvernement Couillard.

À Ottawa, l’interlocuteur privilégié de M. Corbeil était Pablo Rodriguez, député d’Honoré-Mercier et secrétaire parlementaire du ministre de l’Infrastructure et des collectivités.

« Dans ce dossier, M. Corbeil a choisi de travailler directement avec Mme Ménard et M. Rodriguez », observe Brigitte Sansoucy, sans vouloir commenter le choix du maire de procéder de la sorte.

« Je m’étais présentée à Nicole Ménard en janvier. Par la suite, nous nous sommes parlé pendant le banquet de l’Expo. Le 24 février, j’ai rencontré Pablo Rodriguez pour le sensibiliser à l’importance stratégique pour Saint-Hyacinthe d’obtenir des subventions pour les projets de centre de congrès et du tunnel sur le boulevard Casavant », précise la députée néo-démocrate.

Mme Sansoucy n’a pas la moindre idée pourquoi les centres de congrès ne sont plus admissibles à des subventions. Par le passé, des villes comme Sherbrooke et Drummondville en ont obtenues.

« Posez la question à Québec », nous a-t-elle répondu sur le sujet.

Au bureau de la députée Soucy, on précise que les types d’infrastructures admissibles au fonds tripartite (provincial, fédéral, municipal) sont déterminés à Ottawa. Par la suite, c’est la compétence de Québec de sélectionner quels projets provinciaux seront adressés aux fonctionnaires fédéraux.

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