23 avril 2015
Stéphane Rousseau : une princesse qui a du mordant
Par: Jennifer Blanchette
Stéphane Rousseau mélange le stand-up aux prestations musicales dans son sixième spectacle intitulé Un peu princesse.Photo Martin Girard

Stéphane Rousseau mélange le stand-up aux prestations musicales dans son sixième spectacle intitulé Un peu princesse.Photo Martin Girard

Avec l’âge vient un lot de remises en question auquel personne n’échappe, pas même Stéphane Rousseau. Pour son sixième spectacle, l’humoriste qui frôle la cinquantaine se livre au difficile exercice de l’introspection, ne manquant pas d’écorcher au passage le mauvais gars en lui.

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De retour sur le marché du célibat, ­Rousseau, qui était de passage à ­Saint-Hyacinthe les 10 et 11 avril, détaille les hauts et les bas de la vie couple. Il y a la fois où la blessure de sa conjointe l’a forcé à interrompre sa nuit de sommeil ou ­encore l’obligation de passer au détecteur de rouge à lèvres lorsqu’il revient à la ­maison.

Loin d’être dupe, il sait qu’à l’aube de la cinquantaine, les prochaines conquêtes risquent de s’avérer plus difficiles. ­Surtout que la liste de ses défauts ne cesse de ­s’étirer; fainéant, macho, moqueur. « De dos, je ressemble à Brad Pitt, mais de côté, à Gaétan Barrette. »

Se décrivant lui-même comme étant Un peu princesse, le titre de ce sixième ­spectacle solo, Stéphane Rousseau ­dévoile un côté plus corrosif de sa ­personnalité.

Tanné « d’endosser des rôles qui ne m’appartiennent plus », celui qui ­présentait ce spectacle pour la ­première fois au Québec enchaine les coups bas et les blagues moqueuses durant près de deux heures.

Il n’hésite pas à taper sur les Français, à qui il a offert 43 représentations avant de traverser l’Atlantique et sur les ­habitants des régions, qui préfèrent les « jokes de poils » mais qui ne ­comprennent rien à l’anglais, selon lui. L’un de ses ­techniciens sert aussi de souffre-douleur à ­l’humoriste, ce qui donne lieu à des ­situations plutôt ­cocasses.

Stand-up comique

Dans un registre plus personnel, ­Stéphane Rousseau livre ses appréhensions quant à l’avenir. « Je me suis ­endormi à 32 ans et je me suis réveillé à 48. » Il s’inquiète de vieillir et craint de ­sombrer dans l’oubli.

Laissant tomber les personnages, le beau gosse mise plutôt sur son talent de conteur et sur ses performances ­musicales pour dynamiser le public. Seul Rico le tombeur fait un retour sur scène afin de donner un coup de pouce à ­l’humoriste qui s’avoue trop gêné pour cruiser les femmes.

Accompagné sur scène d’une batteuse (Emmanuelle Caplette) et d’un claviériste (William Croft), Stéphane Rousseau ­entraîne la foule, plutôt discrète au début du spectacle, dans son univers rythmé. Les Maskoutains ont même scandé « Québec » à sa demande lors de la reprise des Ailes d’un ange de Robert Charlebois.

Les monologues de Rousseau ­s’enchaînent bien et même si on ne rit pas aux larmes, le spectacle livré avec ­authenticité atteint sa cible, parce que comme il le dit si bien, « personne ne veut finir seul et con ».

Le spectacle Un peu princesse sera de ­retour à Saint-Hyacinthe, au Centre des arts Juliette-Lassonde, le 15 octobre. ­L’humoriste présente sa première ­montréalaise du 22 au 25 avril.

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