7 mai 2020
Studio Hipnoze : poursuivre la danse coûte que coûte
Par: Maxime Prévost Durand

Le Studio de danse Hipnoze tente par différents moyens de continuer de rejoindre sa clientèle malgré la suspension de ses cours depuis la mi-mars. Photo gracieuseté

Ce devait être la plus grande période de la saison pour le Studio de danse Hipnoze, avec les compétitions et les spectacles de fin d’année. Tout ce pour quoi les danseurs ont travaillé dans les derniers mois. Mais rien de tout ça ne pourra arriver. Malgré tout, sa propriétaire, Olenny Pelletier, tente par différents moyens de poursuivre la danse.

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Après avoir pris le temps d’analyser de quelle façon il pouvait continuer de rejoindre ses quelque 400 danseurs, le Studio de danse Hipnoze a commencé à offrir depuis un peu plus d’une semaine des cours sur Zoom une fois par semaine à ses danseurs de niveau compétitif et avancé. Pour les autres, des cours en ligne sont disponibles depuis cette semaine sur une plateforme mise à la disposition des élèves qui peuvent donc continuer de pratiquer certains éléments, quand bon leur semble, à la maison. Ce n’est pas l’idéal pour la danse, mais dans les circonstances, c’est le mieux qui peut être fait, estime Olenny Pelletier.

Elle fait également appel chaque semaine depuis le début de la crise à des danseurs professionnels de renom qui font des séances en direct sur la page Facebook du studio. Une autre manière de garder le studio actif sur le Web.

Mais au-delà de ces initiatives, il y a une grande part d’inconnu. « On est plus actifs que jamais sur Internet, mais en personne, quand allons-nous pouvoir revenir? », se questionne-t-elle dans une lettre décrivant la situation du studio depuis le début de la crise.

Impact financier et stress

Dans un contexte où la distanciation sociale perdurerait encore des mois, Olenny Pelletier redoute un impact majeur sur le monde de la danse et son studio. Dans un local qui peut accueillir habituellement une trentaine de personnes, seulement le tiers pourrait y entrer pour respecter la distance de 2 m entre chaque danseur, donne-t-elle en exemple. « Il n’y aurait aucune rentabilité », s’inquiète-t-elle, dans un entretien téléphonique avec LE COURRIER.

L’annulation des spectacles de fin d’année donne déjà un gros coup sur le plan financier. « Ça ramène 20 000 $ de profit environ et c’est sûr qu’on ne l’aura pas cette année. C’est un montant qui permet de payer les frais fixes durant l’été et l’hiver [quand il n’y a pas de cours]. Il y a cinq mois par année où on n’est pas ouvert, mais où on paie un loyer quand même. »

Elle appréhende également les demandes de remboursement venant de sa clientèle pour les cours qui n’ont pas lieu présentement et pour les compétitions reportées. À ce niveau, elle priorise l’émission d’un crédit pour la prochaine saison ou le don du montant couvrant ces frais.

« Les compétitions sont reportées une à une et elles ne nous remboursent pas les frais engagés, mentionne Olenny Pelletier dans sa lettre. Elles nous offrent des crédits pour leur date de report et, honnêtement, on veut les soutenir. On demande à la clientèle de le faire aussi. Certains ne comprennent pas et ça nous cause une pression énorme d’avoir à gérer des demandes de remboursement de fonds qu’on n’a pas parce qu’on a déjà payé ces compétitions. Donc, en plus de la pandémie, on vit le stress et la pression de possibles demandes de remboursement qu’on ne peut assumer. »

Malgré ce cri du cœur, la propriétaire du Studio de danse Hipnoze affirme qu’elle a reçu peu de demandes de remboursement jusqu’à maintenant. « Si notre clientèle continue de nous soutenir en majorité, que les danseurs font les cours en ligne et que les gens se montrent compréhensifs, ça va bien aller. »

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