24 mai 2018
Caisses Desjardins
Sur la route des regroupements
Par: Rémi Léonard
Sur la route des regroupements

Sur la route des regroupements

La fusion qui a mené à la création de la Caisse Desjardins de la région de Saint-Hyacinthe est à peine consommée que déjà, de nouveaux regroupements sont à l’étude dans la région.

Les caisses de Val-Maska (Saint-Damase et Saint-Pie) et du Plateau maskoutain (Saint-Liboire et Saint-Dominique) ont demandé à leur grande voisine d’amorcer la réflexion autour d’un regroupement, a confirmé le directeur général de la Caisse Desjardins de la région de Saint-Hyacinthe, Serge Bossé. Pour lui, le dénouement favorable de la récente fusion avec Saint-Denis-sur-Richelieu, La Présentation et Sainte-Madeleine permet d’envisager d’autres opérations similaires.

Les enjeux entourant ce récent regroupement et celui présentement envisagé sont somme toute comparables, a-t-il jugé. Il s’agit d’une façon de « donner les moyens requis » à ces institutions, tant en main-d’œuvre qu’en actifs, pour assurer leur pérennité, selon M. Bossé.

La recette utilisée lors du regroupement précédent sera de nouveau employée. Des rencontres d’information devraient avoir lieu au cours de l’été et les assemblées générales se tiendraient ensuite à la fin août pour que les membres des trois caisses puissent se prononcer sur la fusion. L’objectif est d’assurer « la continuité des affaires » sur le territoire, a expliqué le DG, rappelant que le dernier regroupement n’a entraîné ni perte d’emploi ni réduction de service.

Entre temps, la caisse de la région de Saint-Hyacinthe a tenu sa toute première assemblée générale annuelle le 3 avril, l’exercice n’ayant pas eu lieu à sa première année d’existence. Une ristourne de 3,94 M$ a été versée aux membres par la coopérative financière, qui a enregistré des excédents d’exploitation de 16,26 M$, en hausse de 20 %. En fait, « tous les indicateurs sont positifs » pour l’année 2017, sans même une ombre au tableau, a soutenu M. Bossé. L’actif (2 209 M$), le passif (1 981 M$) et l’avoir (228 M$) sont effectivement en hausse par rapport à 2016. Puisque les deux caisses n’étaient pas encore fusionnées en 2016, la comparaison avec 2017 se fait avec les chiffres combinés des deux institutions, a assuré le directeur général. 

Pour revenir aux ristournes, elles équivalent à 3,19 % des intérêts payés par les membres sur les prêts hypothécaires, à 4,58 % des intérêts payés sur les prêts et marges de crédit personnels et à 8,34 % des intérêts qu’ils ont perçus sur l’épargne. Il a également été décidé en assemblée générale de bonifier le fonds d’aide au développement du milieu de 300 000 $. 

Guichets et pipelines 

Alors qu’une campagne a été lancée par Greenpeace pour appeler Desjardins à retirer ses investissements du projet de pipeline Trans Mountain, le mouvement n’a pas atteint Saint-Hyacinthe. À la faveur des récentes assemblées générales tenues à la grandeur du Québec, 35 caisses ont voté des résolutions en ce sens, mais chez nous, le sujet a simplement été abordé dans une intervention sans qu’une résolution formelle ait été déposée en assemblée, a rapporté le DG. Les caisses du Plateau maskoutain, d’Acton Vale-Rivière Noire et de Beloeil-Mont-Saint-Hilaire ont voté cette résolution, selon Greenpeace.

Pour Serge Bossé, un « désinvestissement massif » n’est pas la solution, même s’il reconnaît que, par les valeurs auxquelles Desjardins adhère, le Mouvement doit transférer de façon progressive ses investissements vers les secteurs « verts », ce qui est déjà enclenché, a-t-il souligné.

La question des guichets reste aussi une préoccupation constante des membres, particulièrement en secteur rural. Semblant favoriser le statu quo dans l’immédiat, le parc de guichets automatiques sera toutefois renouvelé en fonction du volume de transactions, a reconnu M. Bossé. « Comme membre, on a aussi une responsabilité dans le maintien des services », a-t-il souligné. 

Traçant un parallèle avec l’achat local, il a rappelé que les caisses sont beaucoup plus présentes dans les petites collectivités que leurs concurrentes. Pour continuer d’y arriver, il dit rêver d’une campagne en faveur du « placement local ». Et à ceux qui s’inquiète d’un éventuel repli de Desjardins dans leur village, le DG a lancé que « la meilleure façon de garder un guichet ouvert, c’est de l’utiliser ». 

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