12 septembre 2019
Négociations chez Barry Callebaut
Syndicat et direction s’entendent sur les conditions de travail
Par: Jean-Luc Lorry

Dans le contexte du renouvellement de la convention collective, le comité de négociation qui représente les quelque 365 employés syndiqués de l’usine Barry Callebaut de Saint-Hyacinthe demandait la création de plusieurs dizaines de postes. Photo gracieuseté

Les négociations à l’usine Barry Callebaut de Saint-Hyacinthe en vue du renouvellement de la convention collective progressent favorablement. La partie syndicale et la partie patronale se sont entendues dernièrement sur les conditions de travail, communément appelées les clauses normatives.

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Les quelque 365 travailleurs syndiqués sont sans contrat de travail depuis le 30 juin.

« L’aspect normatif est conclu. Nous devrions recevoir les demandes salariales ce mercredi [hier] », a indiqué en entrevue au COURRIER Michel Bourque, directeur de l’usine Barry Callebaut de Saint-Hyacinthe, en début de semaine.

« Nous travaillons de bonne foi et la négociation progresse à bon train. Nous sommes optimistes de nature », a ajouté le dirigeant.

La partie syndicale se dit satisfaite de la première étape des négociations. « Sur le normatif, le syndicat et l’employeur se sont entendus favorablement, note Me François Morin, conseiller syndical. Nous avons déposé ce matin [mercredi] nos demandes salariales. »

Conditions de travail

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qui affecte l’ensemble du secteur manufacturier, les horaires de travail, les vacances et l’équité pour les employés temporaires faisaient partie des négociations.

En vue d’améliorer la conciliation travail-famille, la partie syndicale demandait que soit instauré un horaire sur quatre jours pour l’ensemble des travailleurs.

On réclamait aussi la possibilité d’avoir deux semaines de vacances entre le jour de la fête nationale du Québec et celui de la fête du Travail.

« Dans le secteur des nouveautés, nos membres ne veulent plus être obligés de prendre deux semaines de vacances en même temps que la fermeture annuelle d’été », peut-on lire dans le dépliant Info-Négo diffusé par la Fédération du commerce (FC-CSN).

Le syndicat comptait contester vivement une demande patronale qui était de surveiller son collègue de travail et de rapporter ses erreurs auprès de l’employeur. « Inutile de dire qu’elle [cette demande] est rejetée par notre comité de négociation. Vous pouvez vous imaginer quel climat régnerait à l’intérieur de l’usine avec une telle consigne! », souligne par écrit le syndicat.

Pour répondre à de nouvelles exigences de production, le syndicat demandait surtout l’embauche de plusieurs dizaines de travailleurs. Selon lui, la création de nouveaux postes éviterait ainsi le recours à de la sous-traitance.

Dans le cas d’une interruption de grossesse, le comité de négociation demandait un congé de deuil à une travailleuse ou à son conjoint confronté à ce type de situation.

Dans le cadre de la reconnaissance des droits syndicaux, on souhaitait obtenir un local syndical plus vaste afin d’assurer la confidentialité des travailleurs qui contactent leurs représentants syndicaux. Dans la même veine, on réclamait « des libérations suffisantes pour l’agent de grief qui doit préparer ses dossiers avant d’arriver devant un arbitre ». La nature des ententes n’a pas été communiquée.

Demande salariale

Pour la seconde partie des négociations qui touche l’aspect monétaire, les employés syndiqués de l’usine Barry Callebaut ont donné le mandat de réclamer une augmentation salariale de l’ordre de 5 %.

« Il faut une augmentation de 5 % par année pendant trois ans. C’est incontournable », considère Roland Piché, président du syndicat des salariés de l’usine Barry Callebaut de Saint-Hyacinthe.

Au chapitre des congés payés, on demande une hausse à 5 semaines de vacances après 15 ans d’ancienneté, à 6 semaines après 18 ans et à 7 semaines après 25 ans.

Assurances, primes et régime de retraite bonifiés complètent les demandes du comité de négociation.

En juin, les employés syndiqués avaient voté dans une proportion de 95 % pour un mandat de grève générale illimitée. Jusqu’à maintenant, ceux-ci ont cessé leur travail pendant une heure le 18 juillet, puis ont tenu une grève de 42 heures le 25 août.

Ce mois-ci, trois rencontres de négociation sont inscrites au calendrier, soit les 11, 17 et 23 septembre.

Au moment de mettre sous presse, nous ne connaissions pas l’issue des discussions de cette nouvelle ronde de négociations.

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