26 septembre 2013
T.-D. Bouchard : le diable et la charte
Par: Le Courrier
De gauche à droite : Claude Bernier, maire de Saint-Hyacinthe, André Gagnon, directeur littéraire chez Hurtubise, Thomas Mulcair, chef de l'Opposition officielle à Ottawa et Frank Guttman, auteur du livre <em>Le Diable de Saint-Hyacinthe</em>.

De gauche à droite : Claude Bernier, maire de Saint-Hyacinthe, André Gagnon, directeur littéraire chez Hurtubise, Thomas Mulcair, chef de l'Opposition officielle à Ottawa et Frank Guttman, auteur du livre Le Diable de Saint-Hyacinthe.

Alors que le Québec se retrouve en plein débat sur la proposition d’une charte des valeurs, l’auteur Frank M. Guttman a procédé au lancement de la version francophone de la biographie de Télésphore-Damien Bouchard le mercredi 18 septembre à l’Hôtel de Ville de Saint-Hyacinthe.

Fier défenseur du droit des femmes, responsable de la nationalisation de l’électricité, politicien libéral et anticlérical, Le diable de Saint-Hyacinthe refait surface alors que le Québec est à revoir les valeurs pour lesquelles il s’est battu tout au long de sa carrière, selon l’auteur.

Un invité de marque était d’ailleurs sur place pour se prononcer à ce sujet : Thomas Mulcair, chef du parti néo-démocrate et bon ami de l’écrivain. Tour à tour, chacun des invités a décrit le passage de Bouchard et l’impact qu’il a eu sur le Québec, laissant place au débat entre le discours de Vicky Kenty, attachée de presse du député péquiste Émilien Pelletier, et celui de l’auteur qui a rappelé à quel point T.-D. Bouchard aurait été contre le projet de loi annoncé dernièrement.« L’étude de la vie de M. Bouchard est tellement à propos ces jours-ci, a débuté Frank Guttman. Il aurait été farouchement contre ces propositions du Parti québécois qui ne font que créer des divisions dans la société. T.-D. s’est toujours opposé aux séparatistes et a défendu le droit des étrangers qui étaient, à l’époque, des Juifs. Je suis certain qu’il aurait défendu les immigrants de la même façon de nos jours. »Pour ce qui est du NPD, le parti déplore tout autant la proposition de charte, alors que ces mesures vont contre les valeurs d’ouverture et d’inclusion qui composent le Québec d’aujourd’hui.« J’ai lutté toute ma vie pour une société tolérante et égalitaire et je vais continuer de le faire puisqu’une telle charte est complètement inacceptable dans une société démocratique, a défendu Thomas Mulcair. T.-D. Bouchard aurait été horripilé de voir ce que le Parti québécois est en train de proposer, alors que lui s’est toujours tenu debout contre les forces de son époque pour défendre ses idées. »Mulcair ne craint pas non plus que la prise de position du NPD nuise au parti lors des prochaines élections fédérales, considérant le fait qu’une vague orange avait déferlée sur le Québec aux dernières élections. Il est confiant pour la suite des choses, même s’il a mentionné que le parti n’hésiterait pas à financer les recours faits par des gens ou organismes désirant contester la charte devant les tribunaux, une décision qui va à l’encontre de l’opinion populaire en ce moment d’après les sondages.« Les gens ont voté pour le NPD parce que, d’abord et avant tout, on représentait une force réelle en politique qui n’allait pas plier l’échine dès qu’un sondage dirait d’aller à gauche ou à droite. Notre parti est fondé sur le respect des droits, les gens savent qu’ils peuvent compter sur nous pour défendre les questions importantes de fond », a complété le chef de l’opposition officielle.

L’histoire d’une vie

D’abord écrit en anglais, l’ouvrage a fait le tour des maisons d’édition et Frank Guttman a fait des pieds et des mains pour sensibiliser les éditeurs à sa cause. Chez Hurtubise, la décision de reprendre le texte ne se sera pas fait attendre.

« Il s’agit d’une belle histoire d’édition qui raconte l’admiration d’une famille pour un homme qui les avait impressionnés par ses qualités autant humaines que professionnelles, s’est exprimé André Gagnon, directeur littéraire aux Éditions Hurtubise. Cette biographie consiste en une brique fondamentale à l’histoire collective; un hommage à T.D. Bouchard dont toutes les bibliothèques devraient disposer. »L’auteur a commencé à s’intéresser à l’histoire du « Diable de Saint-Hyacinthe » pendant son adolescence au moment où ce dernier publiait des éditoriaux dans un journal. « Je me suis toujours intéressé à l’histoire. Quand j’ai lu l’autobiographie de Télesphore, je ne comprenais pas que personne n’ait encore écrit sur lui. C’était un homme formidable qui se devait d’être connu par le peuple québécois, principalement à cause de la ténacité qui l’habitait avec ses idées. » Guttman retient principalement de ce personnage, qui savait quand et comment frapper, l’influence qu’il avait peu importe son titre : maire de Saint-Hyacinthe pendant un quart de siècle, ministre d’Adélard Godbout ou encore sénateur à Ottawa.

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