5 mars 2020
Pour la bibliothèque… de Saint-Dominique
Tadam, une subvention!
Par: Martin Bourassa

Le gouvernement du Québec a octroyé une subvention pour l’aménagement d’une bibliothèque, mais ce n’est pas pour celle de la Ville de Saint-Hyacinthe.

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On sait bien, la Ville de Saint-Hyacinthe est au-dessus de cela et n’a pas besoin de coup de pouce financier pour de petits projets de 25 M$ comme celui visant à déménager la Bibliothèque T.-A.-St-Germain dans l’ancien immeuble de la Fédération des caisses Desjardins au centre-ville. Saint-Hyacinthe préfère réserver ses demandes de subventions pour frapper de grands coups. Pensons tout de suite au réaménagement de la promenade Gérard-Côté, un projet de 33 M$. C’est plutôt à Saint-Dominique que la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, flanquée de la députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, avait convié les médias régionaux. Elles étaient toutes les deux trop heureuses d’annoncer une subvention de 341 000 $ pour la construction d’une bibliothèque.

Vu isolément, c’est un coup de pouce appréciable. Mais ce que le communiqué de presse de la ministre ne disait pas c’est que cette aide s’inscrit dans la réalisation d’un projet majeur pour une communauté de la taille de Saint-Dominique. À elle seule, cette bibliothèque à double vocation, c’est-à-dire scolaire et communautaire, nécessitera un investissement de 3 M$, à l’intérieur d’un projet évalué à 11 M$ qui comprend aussi l’agrandissement de l’école du village, incluant un gymnase. La municipalité du maire Robert Houle aurait certainement aimé recevoir une aide un peu plus substantielle de la part de Québec, mais elle ne crachera pas sur 341 000 $. C’est quand même 341 000 $ de plus que ce que recevra la Ville de Saint-Hyacinthe pour son projet de bibliothèque du XXIe siècle. Quand on se compare, on se console!

Cela nous ramène aussi à la conférence donnée récemment par le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon devant la Chambre de commerce locale. Lors de la période de questions, Mme Soucy était venue à la relève du ministre lorsqu’il avait été interrogé sur la revitalisation du centre-ville maskoutain. Mme Soucy avait alors mentionné son optimisme de voir le dossier de la promenade Gérard-Côté débloquer dans la prochaine année vu les efforts déployés par toutes les parties impliquées. « Le problème, c’est que cette demande pour la promenade ne cadre dans aucun programme de subventions », a-t-elle dit avec franchise.

C’est le vilain défaut de la tactique maskoutaine en matière de subventions.

On passe notre tour pour des demandes qui pourraient rentrer dans certains programmes – comme les bibliothèques ou les marchés publics – et on se manifeste avec insistance pour réclamer des subventions pour des projets qui sortent de l’ordinaire. Promenade Gérard-Côté et centre de congrès municipal, même combat. Espérons une conclusion moins décevante et coûteuse que dans le dossier du centre de congrès où la députée Soucy, qui n’était pas au pouvoir à ce moment, avait été court-circuitée sans gêne par la Ville de Saint-Hyacinthe.

Avec le résultat que l’on connaît.

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