15 février 2018
Taktika retracera son histoire au Centre des arts le 23 février
Par: Maxime Prévost Durand
Taktika fera le tour de ses albums, de Mon mic, Mon forty, Mon blunt à Résilient pour son spectacle au Centre des arts Juliette-Lassonde. Photo Courtoisie

Taktika fera le tour de ses albums, de Mon mic, Mon forty, Mon blunt à Résilient pour son spectacle au Centre des arts Juliette-Lassonde. Photo Courtoisie

Petits bums vingtenaires devenus pères de famille, les gars de Taktika ont beaucoup évolué depuis leurs débuts, à la fin des années 1990. Au fil du temps, T-Mo et B-Ice ont contribué à sortir le rap de la scène underground et se sont faits les messagers de l’espoir et de la persévérance.

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Ils retraceront leur parcours à l’Espace Rona du Centre des arts Juliette-Lassonde le 23 février dans le cadre de leur tournée 20 ans / 20 classiques. « C’est l’histoire de deux gars, un peu bums, qui ont trempé dans un univers louche et qui s’en sont sortis, qui sont aujourd’hui des pères de famille », soutient Frédéric Auger, alias T-Mo, dans un entretien avec LE COURRIER.
Pour l’occasion, les rappeurs de la Rive-Sud de Québec revisiteront tous leurs albums, de Mon mic, mon forty, mon blunt, le premier à avoir vu le jour, au plus récent, Résilient. Évidemment, les « Désarmé jusqu’aux dents », « Désintox » et « Un été chez nous » seront de la partie. Leur période passée au sein du collectif 83 n’est pas ignorée non plus.
« Pour raconter 20 ans d’histoire en seulement 1 h 30, on a dû faire des choix difficiles », affirme T-Mo, se rappelant du même coup le dernier passage de Taktika au Centre des arts Juliette-Lassonde. « On avait joué avec L’Assemblée », souligne-t-il.
Le rappeur estime d’ailleurs qu’à ce stade de la carrière de Taktika, une salle comme l’Espace Rona convient mieux pour leurs spectacles. « Les shows de bar nous intéressent moins maintenant, avoue-t-il. Avec le temps, le fan base s’est élargi. Il y a des gens qui nous ont écoutés au début des années 2000, puis il y a ceux qui nous ont connus avec le dernier album. À nos shows, il y a autant des gens dans la mi-trentaine avec leurs enfants que des adolescents en bas de 18 ans qui nous écoutent depuis deux ans. Je pense que ce genre de salle est plus adapté à la crowd qu’on a. »
Rap engagé
Au fil des années, Taktika n’a pas hésité à mettre de l’avant des enjeux sociaux comme le suicide et la dépendance à travers sa musique, loin des clichés souvent associés au rap comme la drogue et le sexe.
« Ce qui nous a attirés vers le rap au début, c’est le fait de pouvoir nous exprimer sur ce qu’on voit autour de nous. Ça nous a permis d’aborder des sujets d’une façon dont on n’aurait pas pu le faire si ça n’avait pas été avec le rap », indique Frédéric Auger.
Après s’être battu pour faire tomber les préjugés entourant le rap et lui apporter une meilleure reconnaissance de la part de l’industrie, il est heureux de l’émergence que connaît cette scène musicale au Québec en ce moment.
« Je suis content de voir où le rap québécois est rendu, avec les Alaclair Ensemble, Koriass et même Loud qui perce jusqu’en France. On voit qu’il y a un intérêt grandissant pour la scène hip-hop. » En plus de la tournée actuelle, Taktika a commencé à travailler sur de nouvelles chansons en décembre, qui pourraient paraître plus tard cette année. Le duo n’a pas dévoilé de nouveau matériel original depuis 2016, alors qu’il avait inclus quatre pièces inédites sur la compilation 20e anniversaire.

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