17 juin 2021
Officiellement qualifiées pour les Jeux olympiques
Tali Darsigny et Rachel Leblanc-Bazinet mettent le cap sur Tokyo!
Par: Maxime Prévost Durand

Tali Darsigny et Rachel Leblanc-Bazinet, du club La Machine Rouge, représenteront officiellement le Canada aux Jeux olympiques de Tokyo. Photo gracieuseté.

C’est maintenant confirmé. Les haltérophiles Tali Darsigny et Rachel Leblanc-Bazinet participeront aux Jeux olympiques de Tokyo cet été. Elles deviendront les premières représentantes du club maskoutain La Machine Rouge à vivre ce grand rendez-vous depuis Annie Moniqui en 2012.

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Après une attente interminable, leur qualification a enfin été officialisée le 11 juin par la Fédération internationale d’haltérophilie (IWF). Dans moins de six semaines, elles défendront donc les couleurs du Canada en compagnie de Maude Charron, Kristel Ngarlem et Boady Santavy sur le plus gros plateau de leur sport.

« Je flotte sur un nuage. On dirait que ce n’est pas réel encore », a lancé Tali, le sourire dans la voix, lorsque jointe par LE COURRIER.

Un poids énorme s’est enlevé des épaules de l’athlète de Saint-Simon lorsque l’annonce a été faite. Même si ses chances de participer aux Jeux dans la catégorie des 59 kg étaient élevées grâce à ses performances des dernières années, rien n’était assuré jusqu’à la toute fin.

« Depuis que j’ai 8 ans que je fais de l’haltérophilie et que je rêve d’aller aux Jeux olympiques. Dans ma famille, il y a cet esprit olympique avec mon père [Yvan Darsigny] qui y a participé deux fois. J’ai réussi à atteindre mon objectif », a poursuivi la jeune femme de 23 ans, avec fierté.

L’excitation était aussi à son comble du côté de Rachel. Sa place était déjà officieuse depuis plusieurs mois dans la classe des 55 kg, mais tant que la liste finale n’était pas sortie, elle n’allait pas y croire.

« Ça fait seulement depuis 2016 que je fais de l’haltérophilie, a rappelé l’athlète de 32 ans. J’ai un parcours atypique, je n’ai pas fait ça toute ma vie, même si je faisais du sport de haut niveau avant. En cinq ans, j’ai réussi ça grâce à plusieurs sacrifices et à beaucoup d’entraînement. »

Rachel n’avait pourtant pas cette ambition de participer aux Jeux olympiques lorsqu’elle a fait le saut dans cette discipline, mais ses résultats impressionnants dès ses premières compétitions lui avaient permis d’entrer dans le processus de qualification olympique.

« Ma carrière a vraiment fait boule de neige. J’ai commencé l’haltéro parce que j’aimais ça et que je pensais que je pouvais faire quelques compétitions internationales, a confié celle qui possédait déjà un bagage en CrossFit. C’était inattendu [de me qualifier pour les Jeux olympiques]. »

Un exploit rarissime

Deux athlètes d’un même club d’haltérophilie qui se taillent une place pour une même édition des Jeux olympiques est un exploit plutôt rarissime. Tali Darsigny et Rachel Leblanc-Bazinet en sont bien conscientes et elles comptent faire en sorte que cela leur serve d’avantage à Tokyo, de la même manière que cela les a poussées à se dépasser dans tout le processus de qualification olympique.

« Je trouve ça exceptionnel [que l’on puisse vivre ça]. Il n’y a pas beaucoup d’athlètes [en haltérophilie] qui s’entraînent en équipe. On a évolué ensemble en même temps. On a eu de bons entraînements et de moins bons. On va pouvoir s’encourager là-bas », a noté Rachel au bout du fil.

« On a commencé à s’entraîner ensemble en 2016 et depuis, on a fait toutes les mêmes compétitions. Depuis les Jeux du Commonwealth [de 2016], on est toujours ensemble. On avait le même objectif et on s’est supportées tout au long du processus. Dans nos entraînements, une journée où ça allait moins bien, l’autre était là pour rappeler qu’on avait le même objectif et l’orgueil faisait qu’on se poussait l’une et l’autre. Elle est devenue un peu comme une grande sœur pour moi », a pour sa part souligné Tali.

À Tokyo, les deux athlètes de La Machine Rouge pourront également compter sur la présence de leur entraîneur Yvan Darsigny, qui a lui-même participé à deux reprises aux Jeux olympiques, en 1984 et en 1992.

Un top 10 dans la mire

Selon les classements provisoires de l’IWF, Tali et Rachel arrivent toutes les deux au 10e rang de leur catégorie de poids. Elles espèrent d’ailleurs être en mesure de confirmer ce classement aux Jeux olympiques ou même de l’améliorer.

« Je sais que je n’ai aucune chance de médaille là-bas, mais je veux me battre contre moi-même et les filles qui sont proches de moi », a souligné Tali, qui espère d’abord et avant tout égaler ses meilleures barres en carrière à Tokyo.

Même si elle se remet d’une blessure à l’épaule, qui heureusement ne l’incommode plus à l’entraînement, Rachel n’a qu’un but en tête : performer. « Je ne suis pas le genre d’athlète qui va là juste pour s’amuser. J’ai comme objectif de lever 90 kg à l’arraché et 113 kg à l’épaulé-jeté, ce qui serait ma meilleure compétition à vie », a-t-elle soutenu.

Selon les premières informations reçues, Rachel Leblanc-Bazinet lèverait le 26 juillet, tandis que Tali Darsigny monterait sur le plateau de compétition le 27 juillet.

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