4 juillet 2013
Témoin d’une époque, Léo Bibeau (1912-1992) (3)
Par: Le Courrier
Patronage Saint-Vincent de Paul en 1947.

Patronage Saint-Vincent de Paul en 1947.

Dans le présent article, Monsieur Léo Bibeau rappelle ses activités au Patronage Saint-Vincent-de-Paul.

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Monsieur Bibeau et le Patronage Saint-Vincent-de-Paul

Monsieur Bibeau raconte sa participation au corps de cadets de l’armée, à la construction de la piscine intérieure et à d’autres activités :

Au Patro, le corps de cadets de l’armée rapportait des sous, parce qu’on avait tant par enfant faisant partie des cadets et ce montant-là allait au Patro qui en avant besoin pour vivre. Nous autres, ça nous faisait plaisir, ça nous entraînait à la discipline, mais pas au point de se faire diriger comme de vrais soldats. On était les cadets du Patro et on avait les mêmes règlements que les cadets de l’armée. Comme instructeur, nous avions eu d’abord un Monsieur Ducharme qui avait fait la guerre et qui était pas mal dur : nous étions des jeunes de dix, douze ans et il nous traitait comme des adultes. À la suite de nos plaintes au Frère en charge, nous avons changé d’instructeur pour Monsieur Jean-Baptiste Renaud qui avait été dans les Zouaves pontificaux : c’était un homme bien dévoué qui aimait les fanfares. Il s’est mis dans la tête que le Patro aurait sa fanfare et qu’il ferait une souscription. J’avais 14 ans et avec Monsieur Renaud nous avons ramassé 800 piastres dans la ville. Ainsi, on a pu organiser une fanfare et faire des parades.Dans un autre ordre d’idée, au Patro, nous avons eu la première piscine fermée dans la Ville de Saint-Hyacinthe. Il y avait le frère Viau qui venait de Québec et qui était bien dévoué. C’était pas un culturel, c’était pas un homme qui récitait des poèmes. C’était un homme qui avait les mains larges de même, cinq, six pouces de large. Il travaillait fort à l’organisation matérielle du Patro. Il s’occupait des bâtisses et de l’équipement. Lorsque le frère Tremblay qui avait fondé le Patro en 1904 a dit qu’il voulait faire une piscine fermée et qu’on n’avait pas beaucoup d’argent, les autres Frères nous ont dit que, si nous voulions les aider, ils aimeraient ça. Le samedi, le dimanche et les soirs après quatre heures, avec Bernard Saint-Germain et beaucoup d’autres on s’en allait au Patro aider le frère Viau. Il avait un cheval avec une pelle pour creuser dans la terre. Bernard Saint-Germain et moi on tenait chacun un manchon de la pelle. On était petits et quand le frère Viau partait avec son cheval, il arrivait que la pelle bascule trop vite et nous autres on revolait. Et le frère Viau disait : on recommence. C’est ainsi qu’on a réussi à creuser la piscine. C’est là que j’ai eu ma formation de bénévole, que j’ai appris à travailler sans penser à recevoir de l’argent au bout de la ligne.Au Patro, on organisait des fêtes et je jouais dans la fanfare. On a eu aussi des évènements sportifs, des ligues de baseball et de hockey. Les frères participaient avec nous autres. Le soir, j’allais aider les frères à l’arrosage de la patinoire. Le 7 décembre, au Patro, il fallait que la patinoire soit prête pour l’Immaculée-Conception qui était une journée de grande fête au Patro. Il y avait toutes sortes d’activités à part la patinoire : il y avait une pièce de théâtre présentée pour nos parents ainsi qu’un repas communautaire. Le patro était une école de formation. Il y avait des pensionnaires dont des enfants dont le père était décédé. Il y avait environ soixante-dix pensionnaires, une salle d’étude, un préfet des études qui était un prêtre. Les jeunes allaient à l’École Girouard et demeuraient au Patro. Ils y prenaient aussi leurs repas au réfectoire tenu par les Sœurs de Sainte-Marthe qui avaient soin également de la lingerie et de la buanderie. Il y avait aussi des élèves qui venaient des États-Unis qui ne voulaient pas rester au Séminaire. Ainsi, ils pouvaient sortir le soir, alors qu’au Séminaire c’était strict : ils portaient la redingote, la casquette, ils devaient aller aux études dans l’après-midi du dimanche.Au Patro, il y avait un règlement qui était sévère : pour répondre aux normes des évêques, il était interdit d’aller voir des films au Théâtre Maska, d’aller voir un évènement sportif à l’aréna, le dimanche, s’il y avait un prix d’entrée. Il est arrivé un temps où il fallait faire un choix : aller à l’aréna, aller au cinéma avec une amie ou bien continuer au Patro. J’ai donc laissé le Patro.

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