20 octobre 2011
Saint-Valérien-de-Milton
Tenco passe à des intérêts américains
Par: Jean-Luc Lorry
Le siège social des Machineries Tenco à Saint-Valérien-de-Milton.

Le siège social des Machineries Tenco à Saint-Valérien-de-Milton.

La direction des Machineries Tenco vient d’avoir son lot de sueurs froides en évitant de justesse la faillite. Une multinationale américaine cotée au New York Stock Exchange vient d’acquérir cette entreprise spécialisée dans la fabrication d’équipements de déneigement et de déglaçage, a appris LE COURRIER.

« C’est un soulagement. Nous venons de vivre des mois très difficiles autant pour l’entreprise que pour notre personnel, indique Daniel Beaudoin, directeur général des Machineries Tenco. En trouvant un acquéreur qui est solide financièrement, cela nous permet de sauver des emplois ainsi qu’une entreprise qui a 35 ans d’existence. »

Confrontée à une avalanche de créances et de dettes, l’entreprise de Saint-Valérien-de-Milton avait été contrainte de se placer sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité à la fin juillet en raison d’un manque de liquidités. Les Machineries Tenco était sous séquestre à la demande de la Banque Nationale, principal créancier garanti. Cette institution financière figurait en tête de liste des créanciers garantis avec un montant de 8,2 M$, suivie de la Banque de développement du Canada avec une créance garantie de 2,5 M$.Selon l’avis de déclaration du séquestre Raymond Chabot, les dettes de Machineries Tenco se chiffraient à 27,9 M$ au 27 juillet dernier. De ce montant, l’entreprise devait 2,9 M$ à quelque 375 fournisseurs externes identifiés comme créanciers non garantis. M. Beaudoin n’est pas encore en mesure de confirmer si ces derniers seront remboursés par le nouveau propriétaire. Depuis fin juillet, le syndic avait mené un processus d’appel d’offres pour trouver un nouvel acquéreur pour l’ensemble des actifs des Machineries Tenco. En plus du siège social de Saint-Valérien-de-Milton, l’entreprise possède deux filiales spécialisées dans la fabrication et la vente d’équipements situées dans les états de New York et du Vermont.Au moment de mettre sous presse, les 85 employés de l’usine de Saint-Valérien n’étaient pas informés de l’identité du nouveau propriétaire. L’acquisition doit encore être officialisée à la bourse de New York. Le montant de la transaction n’a pas été rendu public.« La production tourne encore au ralenti, mais on va faire des rappels d’environ 10 à 15 personnes dans les prochaines semaines », assure Daniel Beaudoin qui conservera son poste de directeur général.Les ventes de Machineries Tenco ont été affectées par la réduction des budgets gouvernementaux dédiés à l’achat d’équipements, par la crise économique aux États-Unis ainsi que par la force du dollar canadien. « L’effondrement de l’économie américaine nous a fait très mal puisque 40 % de nos produits sont exportés aux États-Unis. En Nouvelle-Angleterre, nous avons perdu jusqu’à 75 % de notre volume pendant deux ans », précise M. Beaudoin.Avant de s’engager à acquérir Les Machineries Tenco, les futurs propriétaires américains avaient exigé que la convention collective échue depuis décembre 2010 soit renouvelée. Les employés syndiqués se sont entendus fin septembre avec la direction sur un nouveau contrat de travail d’une durée de cinq ans.

Résiliation de contrats

En plus de devoir trouver des investisseurs pour sauver Les Machineries Tenco de la faillite, la direction de l’entreprise a été contrainte de résilier deux importants contrats avec la Ville de Montréal.

En 2009, Tenco avait conclu deux ententes-cadres d’une durée de quatre ans pour la fourniture et l’installation de systèmes hydrauliques et de diverses bennes sur des châssis de camion fournis par la Ville. Ces deux contrats représentaient chacun un montant de plus de 1 M$. Le changement de marque des camions utilisés représentait pour l’entreprise des coûts supplémentaires non prévus lors de la signature des deux contrats de service.Les autorités municipales n’ayant pas ajusté les montants, Les Machineries Tenco ont dû les résilier en raison du manque à gagner pour l’entreprise.

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