10 janvier 2013
Terre promise : le prix de la terre ancestrale
Par: Le Courrier

Avec Terre promise (Promised Land) le réalisateur Gus Van Sant à qui l’on doit entre autres le film à succès Good Will Hunting met en scène une réalité bien présente chez nos voisins Américains qui n’est pas bien loin de la nôtre.

Présenté dans certaines salles de cinéma depuis le vendredi 4 janvier, dont le Cinéma de Beloeil, Terre promise n’a pas eu le succès escompté au Box Office où il figure au dixième rang, loin derrière Texas Chainsaw 3D qui rafle la première position. Mais sa production n’est pas moins pertinente pour autant.

Scénarisé par les acteurs Matt Damon et John Krasinski d’après un récit du romancier Dave Eggers (Le Grand Quoi), Terre promise est un drame social qui porte sur l’industrie des gaz de schiste et de la dure réalité d’agriculteurs qui ont peine à arriver financièrement. L’histoire met en scène Steve Butler (Matt Damon) qui vient d’être promu directeur des ventes régionales d’une grande entreprise énergétique. Il vend et achète des terrains agricoles sur lesquels la société qui l’emploie veut exploiter des gisements de gaz de schiste. Il se rend à McKinley, en Pennsylvanie, un village durement frappé par la crise économique, où sa collègue Sue (Frances McDormand) l’attend. Ils sont accueillis à bras ouverts par les citoyens jusqu’à ce qu’un professeur de sciences de l’école secondaire (Hal Holbrook) mette la population en garde et qu’un militant écologiste (John Krasinski) se mêle de la partie. Entre temps, Butler rencontre Alice (Rosemarie Dewitt), une jeune professeure du coin, qui l’amènera inévitablement à voir l’autre côté de la médaille. Terre promise n’est peut-être pas un film à succès au même titre que certaines oeuvres antérieures de son réalisateur, mais il s’agit d’un film qui ne laissera sûrement personne indifférent parce qu’il présente une question fondamentale à laquelle sont confrontés les agriculteurs d’aujourd’hui : vendre la terre de ses ancêtres et de ses descendants ou la conserver. Ce film aura probablement un plus grand succès auprès des cinéphiles familiers avec cette réalité rurale et particulièrement dans les municipalités de la MRC des Maskoutains, dont La Présentation et Saint-Louis, où les compagnies d’exploitation des gaz de schiste ont font miroiter l’idée de progrès dans des villages loin des regards des grandes villes. Dommage qu’il ne soit pas présenté au Cinéma 8.

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