21 juillet 2011
Têtes de cochon
Par: Martin Bourassa

Il y a de quoi perdre son calme quand on apprend que la région de Saint-Hyacinthe pourrait voir lui passer sous le nez un investissement d’une quinzaine de millions de dollars et la création de 125 emplois.

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Il y a de quoi perdre son calme quand on apprend que la région de Saint-Hyacinthe pourrait voir lui passer sous le nez un investissement d’une quinzaine de millions de dollars et la création de 125 emplois.

C’est ou c’était pourtant l’enjeu derrière la relance des opérations de l’usine Olymel de Saint-Simon, une usine fermée depuis quatre longues années.Dans une récente tentative pour redémarrer les opérations, on sait que l’employeur a approché l’exécutif syndical, une entité incontournable toujours active. Malheureusement, les instances syndicales n’ont pu convaincre les employés de leur accorder un mandat de négociation nécessaire à la poursuite des pourparlers. C’est du moins ce qu’il faut comprendre des rumeurs qui circulent et des propos de la direction. Le syndicat a étonnamment refusé d’expliquer et de motiver cette décision lorsqu’il a été invité à le faire par LE COURRIER il y a deux ou trois semaines déjà.Ce faisant, il a laissé tout le plancher à la version de l’employeur. Ce dernier avait donc beau jeu de faire porter l’odieux de cet échec aux employés et de tourner les coins ronds. Avec le résultat que l’on connaît. Les employés ont très mal paru. De victimes, il y a quatre ans, ils sont devenus des irresponsables, des sans-coeur. On leur a reproché sur le coup la perte de 125 emplois potentiels et les millions qui seront investis ailleurs. Bref, le syndicat aurait eu intérêt à parler aux médias dès le départ au lieu de le faire uniquement cette semaine par un bref communiqué peu explicite.On comprend maintenant que l’employeur n’a pas tout dit aux médias quand il a confirmé son intention de relancer l’usine de Saint-Simon. On devine qu’il a tenté de régler à la baisse le conflit qui perdure depuis l’arrêt des opérations, tout en imposant certaines conditions aux anciens employés.De toute évidence, les plaies sont encore vives. Le temps a passé, mais n’a pas arrangé les choses. La rancoeur est toujours présente.Et l’on sera tous d’accord pour dire qu’il serait beaucoup plus facile pour Olymel de s’engager dans une nouvelle relation avec ses employés si l’on commençait par régler à l’amiable le divorce. Comme dans tout bon conflit, il est évident qu’il y a des torts, et des têtes de cochon, des deux côtés. Le bien commun exigerait cependant que l’on trouve des compromis. Et les deux parties doivent en faire. Mais pour arriver à se comprendre, encore faut-il se parler et s’asseoir ensemble à la même table quand l’occasion se présente. Et elle est venue au bout de quatre ans!Le syndicat aurait dû saisir la main tendue de l’employeur, il n’avait rien à perdre.Il aurait pu écouter, discuter, échanger, bref négocier quelque chose ou encore essayer de convaincre l’employeur de confier les irritants à un médiateur. Tout cela n’aurait pas forcément abouti, mais l’honneur du syndicat et des employés aurait été sauf.Est-il trop tard pour rapprocher les parties? La région peut-elle se permettre de laisser aller des millions d’investissements et des emplois manufacturiers? Y a-t-il quelqu’un capable de rapprocher les deux parties. C’est à espérer.

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