24 août 2017
Toyota Camry 2018: quand tu nous tiens…
Par: Marc Bouchard
Photo Marc Bouchard

Photo Marc Bouchard

(Charlottetown, Ile-du-Prince-Édouard) – Le premier contact avec la nouvelle Toyota Camry 2018 s’est effectué dans un décor enchanteur. Devant moi, une de ces berlines en version sport, soigneusement disposée au sommet d’un petit promontoire, surplombant de longues dunes de sable rouge balayées par la mer et le vent. Bienvenue à l’Ile-du-Prince-Édouard!

Il faut dire que la nouvelle Toyota Camry n’a pas besoin d’un décor spectaculaire pour sortir du lot. Car la plutôt conservatrice berline familiale a retrouvé, pour sa mouture 2018, une nouvelle jeunesse, et affiche une allure définitivement plus moderne et plus racée.
Les angles sont plus proéminents, l’allure générale est agréable (même si on ne peut s’empêcher de lui trouver quelques ressemblances avec certaines compétitrices) et l’ensemble est assez équilibré pour justifier un regard admiratif. Un bémol d’importance cependant puisque sur certaines versions, la Toyota Camry propose une peinture deux tons (lire ici un toit noir) ce qui n’est pas du plus bel effet et gâche un peu la découpe agréable du toit et du pilier C. On ne peut pas tout réussir…
L’habitacle subit lui aussi un changement radical. Avec cette nouvelle génération, on intègre un écran de plus grande dimension (7 ou 8 pouces selon la version choisie), une allure plus moderne, mais on conserve la qualité de finition qui a toujours été l’apanage de la Camry. Après tout, une des grandes qualités de la Toyota Camry a toujours été sa longévité et sa fiabilité, et Toyota ne souhaite pas lésiner sur ces qualités.
Choix étrange cependant, le constructeur japonais a refusé d’intégrer les Android Auto et Apple Car Play de ce monde pour utiliser plutôt sa propre version d’un système de connectivité appelé Entune. Tout comme les autres, il utilise des applications pour son fonctionnement, mais le test effectué sur les routes des Maritimes ne s’est pas avéré concluant. L’ergonomie est plus complexe et les applications, notamment le GPS, affichaient une lenteur troublante.
Autre détail, le design de la console centrale est un peu complexe et intrusif, limitant du même coup l’accès à certains espaces de chargement.
Trois moteurs, dix versions
Pour la nouvelle Toyota Camry, on veut plaire à tout le monde. Au total, on propose donc dix versions, allant de la base Camry L à la plus équipée et luxueuse XLE, sans oublier les versions plus sportives SE et XSE. Bref, une déclinaison qui permet aux acheteurs de mettre la main sur la voiture qui offrira les options recherchées.
Pour compléter l’offre, trois motorisations sont au menu. Une première, un moteur 4 cylindres 2,5 litres de 203 chevaux, est offerte en entrée de gamme. Celui-ci devrait constituer 65% des ventes de la voiture, même si, soyons honnête, il ronchonne un peu en accélération appuyée.
Une seconde, un V6 de 3,5 litres, démontre bien l’idée que Toyota a refusé de se plier aux nouvelles tendances qui mettent de l’avant des moteurs turbo. Ce dernier est puissant, à défaut d’être nerveux, et constitue une offre intéressante pour qui veut y mettre le prix.
Mais je l’avoue, mon coup de cœur a plutôt été la version hybride, équipée du moteur 4 cylindres révisé et d’un appui électrique. Sa puissance se fait sentir dès l’accélération, et sa relative légèreté face au moteur V6 lui confère aussi une plus grande maniabilité. Et ô bonheur, contrairement aux anciennes générations de Camry hybride, les batteries ne sont plus logées dans le coffre arrière, mais plutôt sous la banquette. En plus d’améliorer le centre de gravité, cela permet à la voiture d’offrir le même espace de chargement, 427 litres, que les versions plus standard à essence. Mieux encore, la banquette se rabat un peu, permettant d’y insérer de longs objets comme des skis.
Autre détail non négligeable, sa consommation est estimée par le constructeur à 4,9 litres aux 100 kilomètres. Une estimation réaliste parce que j’ai réussi à maintenir une moyenne de 5,3 litres sans grands efforts.
Conduite plus inspirée
Attention, je ne dirai pas que la Toyota Camry est devenue une voiture sportive. Sa direction, bien qu’améliorée, est toujours un peu endormie et les suspensions toujours tournées vers le confort. Mais l’usage de la nouvelle architecture globale TGNA (qui se retrouve sur les nouveautés Toyota) assure une plus grande rigidité. Le résultat est évident, notamment sur les routes sinueuses de l’Ile.
Nouveau look, nouveau comportement, la Toyota Camry 2018 affiche une métamorphose complète. Même si elle n’est pas parfaite, elle a conservé ses qualités, mais propose aussi un comportement plus affirmé. Ça ne garantit pas le succès, mais c’est un grand pas en avant.

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