16 mai 2019
Forum
Transport actif : penser la ville autrement
Par: Le Courrier

C’était hier soir soirée de consultation de la Ville de Saint-Hyacinthe sur le développement durable. Le développement durable est un concept un peu fourre-tout qui comprend autant la protection de l’environnement, que la qualité de l’eau, la santé, la vie sociale… et le développement économique.

Bravo pour la Ville de Saint-Hyacinthe qui veut se doter d’une politique de développement durable. Mais à mon avis, s’il y avait un élément qu’on devrait privilégier, ce serait celui du transport actif. Qu’entend-on par là? La marche et le vélo surtout, même si cela peut aussi comprendre la planche à roulettes ou la trottinette!

Pourquoi le transport actif est-il important? Parce que chaque personne qui se déplace à pied ou à vélo, c’est une auto de moins dans nos rues. Ce sont aussi des places de stationnement qui demeurent libres. C’est bon pour notre santé et notre porte-monnaie, et c’est moins de pollution.

Quand on parle de marche, on parle aussi de trottoirs. Très vite, la politique de la Ville de réduire les trottoirs apparaît ici contradictoire. En fait, dans un objectif de développement durable, c’est plutôt le contraire qu’il faudrait faire : construire encore plus de trottoirs!

Quant au vélo, cela nous ramène au sempiternel problème des pistes cyclables à Saint-Hyacinthe. Si la Ville a un plan, elle le garde bien secret, car bien peu de citoyens sont au courant. On a plutôt l’impression que la municipalité agit par petits bouts, sans trop de logique.

Toutefois, encourager la pratique du vélo exige beaucoup plus que d’aménager des pistes cyclables. La plupart du temps, celles-ci sont pensées pour ceux qui font du vélo comme loisir, ou encore pour protéger les jeunes cyclistes.

Quand on parle de transport actif, le vélo est considéré comme un moyen de transport, et pas pour du loisir. Les gens qui se déplacent à vélo pour travailler ou faire leurs commissions n’empruntent pas les pistes cyclables qui les font passer par Trois-Rivières pour se rendre à Montréal. Ils le font par les mêmes voies de circulation que les autos, ce qui est parfaitement normal.

Or, plusieurs grandes artères sont carrément dangereuses pour les cyclistes. Pensons à la rue des Cascades ou de la Concorde au centre-ville. Traverser le pont Morison à vélo est un problème, tellement l’espace est restreint. Certains empruntent les trottoirs, ce qui est loin d’être mieux.

Il faudrait aussi aménager des stationnements dédiés aux vélos. Actuellement, la Ville n’en a aucun, sauf devant les édifices municipaux. Il faudrait aussi rendre les tunnels piétonniers plus sécuritaires… et plus invitants. L’an dernier, un citoyen est mort dans un de nos tunnels. On comprend que le soir, certains préfèrent les éviter.

Bref, pour encourager le transport actif, il faut penser notre ville autrement. Peut-être qu’il faudrait aussi tempérer le développement commercial en bordure de l’autoroute 20 dont la fréquentation demande l’usage de l’auto. Il faudrait soutenir le développement commercial dans le centre de la ville et dans chaque quartier.

Ces dernières années, on ne peut pas dire que notre administration municipale a encouragé le transport actif. Au contraire, on mise plus que jamais sur l’auto. C’est bien beau vouloir attirer plus de citoyens, mais cela signifie du même coup plus d’autos dans nos rues et plus de congestion. Voilà pourquoi le transport actif devrait faire partie d’un plan de développement durable de la Ville.

Roger Lafrance, Saint-Hyacinthe

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