30 mai 2013
Tricératops : 6, Ford F150 : 106 000!
Par: Marc Bouchard

(Drumheller, Alberta) Je vois d’ici votre visage soupçonneux, vous demandant à la lecture de ce titre si votre chroniqueur automobile préféré n’a pas soudainement ingéré trop de vapeurs d’essence. Et pourtant, ce titre contient à lui seul les détails les plus importants d’un récent essai du Ford F150 2013 dans les tréfonds de l’Alberta.

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Il faut le dire, l’essai était multiple. D’une part, j’ai eu l’occasion de mettre à l’épreuve la camionnette de série F de Ford dans plusieurs conditions, et dans plusieurs versions. Mais j’ai aussi eu l’occasion de visiter à son volant Drumheller, la capitale mondiale du dinosaure.

Mais alors que la petite ville est reconnue partout pour ses squelettes de dinosaures de grande qualité, y compris, tenez-vous bien, les six seuls squelettes de tricératops du monde qui proviennent tous de son centre de recherche, la camionnette Ford F 150 est reconnue comme le véhicule le plus vendu en Amérique, toutes catégories confondues. Il fallait donc une capitale mondiale pour accueillir un champion nord-américain. Vous avez des doutes? Sachez seulement qu’au Canada, plus de 106 348 unités de la camionnette Ford F ont trouvé preneur l’an passé. Ce qui la place loin devant la Honda Civic, voiture la plus vendue, avec quelque 60 000 unités écoulées. La camionnette série F domine tellement qu’elle trône au sommet du palmarès depuis 47 ans chez nous, et 36 ans aux États-Unis.

De vrais essais

L’essai de la camionnette a débuté dès ma sortie de l’avion, ou presque. De l’aéroport de Calgary à Drumheller, c’est au volant d’un grand F350 Power Stroke Super Duty que j’ai parcouru les quelque 120 kilomètres. Alors qu’ici ce gigantesque camion ferait figure de titan au centre-ville, disons qu’il se fondait dans la masse et se confondait avec ses semblables croisés tout au long de la route.

À bord, le grand confort, alors que la camionnette offre des sièges de cuir au rembourrage étonnant, beaucoup d’espace évidemment, et un ensemble d’accessoires incluant le célèbre My Ford Touch dont le fonctionnement est cependant toujours aléatoire. Notre véhicule abritait aussi un moteur diesel V8 6,7 litres de 385 chevaux. C’est ce même véhicule que j’ai utilisé un peu plus tard pour transporter quelque 1 500 kilos sur les routes vallonneuses de la région sans jamais ressentir la moindre hésitation. Il a bien fallu que je dose parfois les freinages, tout au plus. Une bonne note aussi pour le camion qui, à vitesse d’autoroute, a pu conserver une moyenne de consommation inférieure à 11 litres aux 100 km. Mais, car il y a un mais, cet amalgame de performance et de luxe a un prix puisque mon véhicule d’essai se détaillait à quelque 82 000 $!

Et hors route

On le sait, les Ford F150 se déclinent en une multitude de modèles capables du travail le plus simple au plus exigeant. Mais il ne néglige pas pour autant le plaisir… C’est ainsi que j’ai pu m’amuser quelques minutes au volant du rutilant Raptor, la version extrême et hors route de la famille.

Suspensions surélevées, moteur 6,2 litres permettant 411 chevaux, une gamme complète d’accessoires incluant une caméra avant pour le hors route sérieux, le Raptor n’a peur de rien. Et ce n’est pas un ou deux os de tyrannosaures que l’on aurait pu croiser qui l’aurait terrifié. En fait, pour être totalement honnête, sur les sentiers accidentés, mon passager semblait considérablement plus mal à l’aise que le camion qui franchissait les obstacles avec un véritable ronron de plaisir. À moins que ce ne soit moi qui émettais le ronron… Finalement, on n’essaie pas un F150 sans le soumettre au défi du remorquage. Notre version, le V6 Ecoboost, se targue d’être le plus économique avec son petit moteur doublé d’un turbo. Ce qui n’est pas faux, mais seulement si on le maintient à de sages vitesses de croisière. Au travail, il n’a rien à envier à ses collègues en matière de consommation. Mais il réussit sans difficulté non plus à remorquer les pires cargaisons. Derrière moi, pour l’essai, quelque 9 000 livres de matériel roulant, que j’ai délicatement transporté dans les montagnes et les routes sinueuses de l’Alberta, tout en terminant mon périple en plein coeur du petit centre-ville de Drumheller. Et il fallait presque que je me retourne pour confirmer que je tirais bien quelque chose (évidemment, on ressentait le poids, mais pas autant qu’on pourrait le croire).

En résumé

Saviez-vous aussi que le tiers des squelettes de tyrannosaure provient de Drumheller? Ou que la ville de 10 000 habitants abrite un musée qui reçoit 400 000 visiteurs par année? Moi non plus…

Et saviez-vous que le Ford F150 est livrable avec l’un ou l’autre des deux moteurs V8 : un moteur de 5 litres de 360 chevaux, et un autre de 6,2 litres permettant 411 chevaux; qu’on peut également l’avoir avec un choix de moteurs V6; outre l’Ecoboost, un V6 biturbo de 365 chevaux, on propose aussi une version 3,7 litres de 302 chevaux. Toutes ces versions, deux ou quatre routes motrices, sont jumelées une boîte automatique 6 rapports, et à une direction ma foi plutôt précise pour la taille de l’engin. Finalement, j’en aurai appris des choses durant ce voyage!

Forces :

– Design agréable – Versions abondantes – Capacités de travail sans reproche

Faiblesses :

– Suspensions parfois sautillantes – Consommation – Prix des versions haut de gamme

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