26 décembre 2013
Rejet de la dernière offre patronale
Triste Noël à l’Hôtel des Seigneurs
Par: Jean-Luc Lorry
Environ la moitié des employés syndiqués de l'Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe ont rejeté la dernière offre patronale réduisant ainsi tout espoir d'un retour au travail.

Environ la moitié des employés syndiqués de l'Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe ont rejeté la dernière offre patronale réduisant ainsi tout espoir d'un retour au travail.

La dernière offre patronale ayant été rejetée à 90 % par une partie des employés syndiqués (CSN) de l’Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe, son propriétaire n’a pas eu d’autres options que de fermer définitivement les livres et son établissement après 38 années d’opération.

Cette fermeture qui survient trois jours avant Noël provoque aussi la mise à pied de 40 employés non syndiqués, dont 20 cadres qui cumulaient pour plusieurs d’entre eux, plus de 25 années de service.

La partie syndicale nous a confirmé que 102 travailleurs s’étaient présentés à l’assemblée générale hebdomadaire sur les quelque 180 employés conviés par la CSN à participer à cette rencontre cruciale pour l’avenir de l’hôtel. De ce nombre, il y a eu 94 votants dont 85 ont rejeté l’offre patronale et 9 qui se sont exprimés pour un retour au travail. « Avant la tenue du vote, le comité de négociation a recommandé de rejeter cette offre. Après plus de quatre heures de rencontre, nous avons informé le conciliateur que nos membres avaient voté non à la hauteur de 90 % », a indiqué Robin Saint-Pierre, président du syndicat local de l’Hôtel des Seigneurs.« Le conflit de travail n’est pas terminé. Nous considérons cette fermeture comme un lock-out décrété par l’employeur. Nous allons continuer à recevoir nos prestations. Nous retournerons sur la ligne de piquetage dès le lundi 6 janvier », poursuit-il.

Offre bonifiée

LE COURRIER a obtenu copie de cette seconde offre globale et finale de règlement. À la lecture de ce document qui compte 13 pages comparativement à 6 pour la première proposition, la partie patronale démontre une volonté de vouloir régler ce conflit de travail qui perdure depuis 14 mois.

L’employeur proposait une convention collective d’une durée de 5 ans et demi avec une possibilité de prolongation jusqu’au 31 juillet 2021.Au chapitre des salaires, la partie patronale offrait un rattrapage de 6 % d’augmentation pour les années 2012 et 2013. Par la suite, elle proposait une hausse de 1,5 % en août 2014, 1,5 % en février 2015, 1,5 % en août 2015 et 1,5 % en février 2016. Pour les années 2016 à 2018, l’employeur bonifiait son offre précédente en accordant une augmentation de 2 % alors que le syndicat souhaitait 3 %. Les salaires actuels à l’Hôtel des Seigneurs vont de 9,332 $ de l’heure pour un emploi au bar du département banquet à 18,023 $ de l’heure pour un poste d’auditeur de nuit à la réception.En plus de s’engager à ne pas diminuer le nombre d’heures des préposés à l’entretien, l’employeur avait joint à son document une lettre d’intention non incluse à la convention collective en cas de vente de la partie centre de congrès. On peut y lire qu’advenant la division, la fusion ou un changement de structure juridique de l’entreprise, le nouvel employeur sera lié par l’accréditation et la convention collective en vigueur. Malgré ces efforts déployés de la partie patronale pour tenter une entente de la dernière chance, chez SilverBirch Hôtels & Resorts on se dit déçu, mais pas surpris par l’issue du vote. « Nous savons que dans ces situations de vote qui ne sont pas supportées par l’exécutif syndical, cela n’est jamais en faveur de l’employeur, a commenté après coup, Herman Champagne, porte-parole de SiverBirch Hôtels & Resorts. La partie syndicale nous a signifié qu’elle était disposée à nous rencontrer en janvier. Par l’intermédiaire du médiateur, nous lui avons répondu que notre date de fermeture demeurerait le 22 décembre. »

Tristesse et colère

Ces derniers jours, le directeur général de l’établissement cachait difficilement sa colère et sa tristesse devant cette fermeture tant redoutée.

« C’est vraiment lamentable et cela s’est joué sur une question d’ego dans les rangs de la CSN. Ma déception est totale », déplore Denis Gilles.« Oser dire au conseil municipal que notre offre était un torchon. Voyons donc. Les exigences syndicales étaient complètement exagérées. Nous étions rendus au stade de ne plus avoir d’eau à mettre dans notre vin. »Chez SilverBirch, les pertes liées à son complexe hôtelier maskoutain sont estimées entre 5 et 6 M$ pour 2013Dès le 4 janvier, le propriétaire pourra vendre son établissement à d’autres fins commerciales puisqu’à partir de cette date, le gel des usages « hôtel et centre des congrès » deviendra sans effet.

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